La pandémie influence le choix de carrière des jeunes Québécois

<p>Près de la moitié des jeunes répondants affirment que leur vision du monde du travail s’est transformée.</p>
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Près de la moitié des jeunes répondants affirment que leur vision du monde du travail s’est transformée.

Près d’un quart des jeunes au Québec ont changé de choix de carrière depuis le début de la pandémie, suggère un sondage SOM obtenu par La Presse canadienne.

C’est l’un des neuf constats de l’enquête menée en partenariat avec l’organisme à but non lucratif Academos, qui est largement financé par le gouvernement du Québec.

Le coup de sonde a été mené du 21 au 29 janvier auprès de 2087 étudiants – dont 1078 au Québec – âgés de 14 à 30 ans. Cette tranche d’âge correspond à la définition de la génération Z.

Si 22 % des jeunes Québécois ont changé de choix de carrière depuis le début de la crise, c’est surtout parce qu’ils croient que leurs notes ne sont pas assez bonnes.

Démotivés face à leurs études, 44 % s’inquiètent de leur avenir professionnel, 40 % craignant que leur diplôme ait moins de valeur aux yeux des employeurs.

Près de la moitié des répondants (44 %) affirment que leur vision du monde du travail s’est transformée.

Ils voient désormais les professions comme étant catégorisées « essentielles » ou « non essentielles », ce qu’ils n’avaient jamais considéré auparavant.

Par ailleurs, le monde du travail leur apparaît comme plus stressant, complexe et instable qu’auparavant.

« Le grand constat, c’est que la pandémie a entraîné de profondes remises en question chez les jeunes par rapport à leur choix de carrière », dit en entrevue la présidente-fondatrice d’Academos, Catherine Légaré.

Elle-même a recueilli des centaines de témoignages dans le but de compléter le rapport de SOM, et elle se surprend du grand travail d’« introspection » des jeunes.

« Ils se sentent très concernés, les jeunes, en ce moment », ajoute-t-elle, en parlant de la nécessité de bien soutenir cette génération.

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Santé et éducation

Catherine Légaré explique que les deux secteurs dont la désirabilité a été le plus affectée par la pandémie au Québec sont ceux de la santé et de l’éducation.

Fait intéressant : il y aurait presque autant d'étudiants désenchantés du milieu de la santé (29 %) qu'il y en aurait de motivés à aller le rejoindre (22 %).

« Bien sûr, il y a des jeunes qui ont réalisé que c’est un domaine exigeant, avec tout ce qu’on entend dans les médias, mais ça a aussi suscité des vocations. »

Le portrait serait semblable, bien qu’un peu plus positif, en éducation : 27 % des répondants affirment avoir davantage envie de travailler dans ce secteur, contre 23 % qui en ont soudainement moins envie.

En moyenne, les jeunes ont davantage envie de devenir entrepreneurs qu’avant la crise, a également constaté Mme Légaré à la lecture des données recueillies.

L’influence des parents

Autre constat : la majorité des répondants (62 %) ont vu au moins un de leurs parents travailler de la maison pendant la pandémie.

De ce nombre, 51 % se sont sentis rassurés face au monde du travail et 46 % se sont sentis découragés ou moins certains face à leur propre choix de carrière.

« Je trouve que ça fait réfléchir comme parent, affirme Mme Légaré. Les enfants se développent autant avec ce qu’on est, comment on se comporte, qu’avec ce qu’on dit. »

La marge d’erreur maximale du sondage SOM pour l’ensemble des répondants est de 2,8 % et de 3,6 % si l’on regarde uniquement les données du Québec.

Créée en 1999, Academos est une application de mentorat qui permet aux jeunes de 14 à 30 ans de dialoguer gratuitement avec 3000 professionnels.

Faits saillants

  • La motivation scolaire des étudiants est relativement faible.
  • Les jeunes ont davantage réfléchi à leur orientation scolaire et professionnelle pendant la pandémie.
  • Près de la moitié des jeunes sont inquiets face à leur avenir professionnel.
  • Près de la moitié affirment que leur vision du monde du travail s’est transformée et 22 % ont changé de choix de carrière.
  • La désirabilité de certains secteurs d’activité a été affectée de façon importante par la pandémie.
  • La désirabilité de l’entrepreneuriat a été affectée positivement et négativement par la pandémie.
  • Voir leurs parents travailler de la maison ou perdre leur emploi a provoqué des sentiments variés chez les jeunes.
  • Discuter avec des adultes significatifs est un bon outil aux yeux des jeunes pour les aider à faire un choix de carrière.
  • Les jeunes font confiance à leurs parents pour les aider dans leur choix de carrière et sont avides d’informations.