«L’instigateur de l’intégration» à Sept-Îles

Gabrielle Basque Morin, Olivia Awa Diouf (8 ans), Christoph Boucar Diouf et Léopold Biram Diouf (5 ans)
Photo: Courtoisie Gabrielle Basque Morin, Olivia Awa Diouf (8 ans), Christoph Boucar Diouf et Léopold Biram Diouf (5 ans)

Depuis plus de dix ans, Christoph Diouf est devenu une véritable référence à Sept-Îles pour les nouveaux arrivants. Bien enraciné dans la région aux côtés de sa famille, l’entrepreneur d’origine sénégalaise met tout en œuvre pour faciliter leur accueil et leur intégration.

« Ce n’est pas facile de s’établir dans un nouveau pays », confie celui qui est également opérateur à l’aluminerie Alouette, installé en terre nord-côtière depuis 2009. Au bout du fil, il insiste sur l’importance de « donner une chance » aux immigrants. Car un jour, dit-il, « ils vont apporter eux aussi à la société et même créer des emplois pour d’autres ». Sans oublier cette valeur de l’entraide si chère à ses yeux qu’il veut inculquer à ses enfants.

Pour aiguiller les immigrants ayant besoin de repères, Christoph Diouf a notamment lancé l’initiative citoyenne Intégration et Diversité Côte-Nord sur Facebook, créée avec le soutien de son épouse, Gabrielle Basque Morin. Cette page centralise l’information d’intérêt pour la communauté immigrante de Sept-Îles. On y retrouve à la fois des offres d’emploi ou de formation, de l’information sur des événements en ligne et des appels d’aide aux familles dans le besoin.

« Au début de la pandémie, beaucoup d’étudiants internationaux et de nouveaux immigrants dans la région se sont davantage tournés vers moi pour me poser des questions », raconte le père de famille diplômé en gestion et marketing en Suisse et en comptabilité au cégep de Sept-Îles.

Propriétaire d’une trentaine d’appartements et membre du conseil d’administration des propriétaires immobiliers, M. Diouf tient également à soutenir les gens et les familles qui ont de la difficulté à accéder à un premier logement. « Si je n’ai pas d’appartement libre, je les dirige vers d’autres propriétaires de la région. »

« Je connais Christoph depuis qu’il était aux études », se rappelle Isabelle Girard, retraitée, locataire de M. Diouf depuis 2014. « Il venait faire le ménage dans l’immeuble de son beau-père avant d’en devenir propriétaire. C’est un gentil monsieur. »

Elle confie avoir fait goûter au propriétaire sénégalais « plein de produits québécois faits maison » comme le ketchup aux fruits et de la confiture à la citrouille. « Quand Christof vient faire un tour au bloc, il vient toujours chez nous en premier ! », lance-t-elle, soulignant avoir « la jasette facile » avec M. Diouf.

Tisser des liens

Poema Djiko et sa famille devaient s’installer dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue à leur arrivée au Québec en juillet 2020, mais le destin en a voulu autrement. « Quelques jours avant notre départ de Côte d’Ivoire, j’ai eu une illumination en faisant mes prières. Une voix m’a dit que nous devions aller à Sept-Îles et nous l’avons suivie », raconte la mère de famille.

Elle a rencontré M. Diouf en faisant des recherches sur Facebook voulant en savoir plus sur la région. « J’ai vu qu’il était très impliqué à Sept-Îles, alors je l’ai approché pour lui demander des conseils avant de partir », souligne-t-elle, reconnaissante du soutien qu’il lui a offert.

« Christoph et Gabrielle nous ont aidés à nous installer, à ouvrir un compte de banque, à faire des courses, à trouver des meubles et ils ont même emmené nos enfants se baigner dans la piscine », énumère la mère de famille. « J’appelle Christoph “mon mentor” et sa femme “mon ange Gabrielle” », dit-elle en riant de bon cœur. « C’était la volonté de Dieu que nous les rencontrions », insiste-t-elle.

Mohamed Niang témoigne lui aussi de son appréciation pour M. Diouf. « La réalité des immigrants en région est différente des immigrants à Montréal », soutient le Sénégalais arrivé à Sept-Îles en 2014 pour faire ses études au cégep.

« Nous avons besoin du soutien d’autres immigrants arrivés au pays avant nous. Christoph est l’exemple parfait, il est toujours présent pour les nouveaux arrivants, toujours prêt à organiser des activités et à aider sans rien demander en retour », indique le technicien en électronique industrielle.

« Il a toujours été là pour m’aider, autant sur le plan financier que moral. C’est mon conseiller, je ne fais rien sans le consulter, car il connaît tout dans la région !  s’exclame, M. Niang. « Je le remercie toujours du fond de mon cœur pour tout ce qu’il a fait pour moi. »

« Le fait qu’on soit en région a contribué à l’intégration de Christoph, car il y avait beaucoup moins d’immigrants il y a dix ans qu’aujourd’hui », soutient son épouse Gabrielle, qui est enseignante au primaire. Elle soutient que le recrutement du cégep de Sept-Îles à l’international contribue au développement de la région et favorise l’ouverture envers la diversité culturelle. « Plus il y a d’immigrants, plus cela donne le goût à d’autres de venir s’y établir. »

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