Les policiers de Mont-Tremblant demandent au tribunal de sauver leur service de police

Les policiers ont embauché l’ex-procureur de la commission Charbonneau et ex-inspecteur général de Montréal, Me Denis Gallant, pour piloter ce nouveau recours contre Québec.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les policiers ont embauché l’ex-procureur de la commission Charbonneau et ex-inspecteur général de Montréal, Me Denis Gallant, pour piloter ce nouveau recours contre Québec.

Les policiers de Mont-Tremblant mettent leur menace à exécution en s’adressant aux tribunaux pour empêcher le démantèlement de leur service de police. Ils souhaitent faire annuler la décision de Québec de remplacer le corps municipal, en conflit ouvert avec la Ville, par des agents de la Sûreté du Québec (SQ).

Le recours judiciaire a été déposé mercredi devant la Cour supérieure aux noms de la Fraternité des policiers de la ville de Mont-Tremblant (FPMTT), la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) et un groupe de citoyens de Mont-Tremblant. Il s’agit d’une demande introductive d’instance en déclaration de nullité et une demande d’ordonnance de sauvegarde afin de faire annuler la décision de Québec.

« Ce n’est pas aux policiers, ni à la Ville, mais c’est aux électeurs de trancher cette question. L’élection municipale a lieu le 7 novembre [prochain] », fait valoir François Lemay, président de la FPMQ, qui soutient que la population est fortement contre l’idée de remplacer les policiers municipaux par la SQ. Selon lui, Québec n’avait pas à prendre de décision dans l’immédiat, puisque le Tribunal administratif doit déjà déterminer si Mont-Tremblant peut se départir de ce service.

La semaine dernière, la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a agréé à la demande de la Ville de Mont-Tremblant de dissoudre son service de police municipal, pour être desservi par la SQ, comme plusieurs autres municipalités des environs. Des économies de deux millions de dollars par an ont notamment été promises par le maire.

Cette demande est survenue dans un contexte de fortes tensions entre la Ville de Mont-Tremblant et son corps de police de 43 agents. Le maire, Luc Brisebois, a même allégué dans un reportage à Radio-Canada que des élus avaient fait l’objet d’intimidation. Selon le président de la Fraternité, Serge-Alexandre Bouchard, la municipalité souhaite abolir son service de police non pas par souci d’économies, mais plutôt pour régler un conflit de travail.

« Le dernier rempart pour nous, c’est la justice. La cause a un bon fond juridique, et on va aller jusqu’au bout. Contrairement ce qui a été allégué, nos policiers font un travail très professionnel sur le terrain », a expliqué M. Bouchard, joint par Le Devoir.

Les deux parties ont d’ailleurs l’occasion de s’affronter devant d’autres instances juridiques. Une plainte a été déposée par la FPMTT devant le Tribunal administratif du travail. Une mise en demeure a également été envoyée au maire de Mont-Tremblant, ainsi qu’à la mairesse de Lac-Tremblant-Nord, alléguant des propos diffamatoires et leur demandant de se rétracter. Un grief a ensuite été envoyé aux municipalités.

Les policiers ont embauché l’ex-procureur de la commission Charbonneau et ex-inspecteur général de Montréal, Me Denis Gallant, pour piloter ce nouveau recours contre Québec. Ni le cabinet de la ministre Guilbault, ni celui du maire Luc Brisebois, n’ont souhaité commenter le dossier puisque celui-ci se trouve devant la justice.

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