Renforcer la résilience face aux ​catastrophes naturelles

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
En 2013, le typhon Haiyan a coûté la vie à des 7000 personnes aux Philippes, où le désastre a aussi affecté le quotidien de 9,5 millions de personnes. 
Photo: Dilip Chinnakonda / CECI En 2013, le typhon Haiyan a coûté la vie à des 7000 personnes aux Philippes, où le désastre a aussi affecté le quotidien de 9,5 millions de personnes. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération internationale

Après que le typhon Haiyan eut balayé les Philippines en 2013, le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) a mis sur pied un projet pilote destiné à relancer l’économie de la région. Dans le but de mieux préparer les populations aux catastrophes naturelles, le projet TUKOD favorise la reprise de l’agriculture grâce à des formations et à la création d’entreprises.

Réalisé en partenariat avec Affaires mondiales Canada et l’organisation locale d’intervention d’urgence CONCERN Inc., le projet s’est étalé de 2015 à 2019 dans la région de Visayas Est et dans les provinces de Leyte, Samar et Samar Est, situées au centre de l’archipel philippin.

« Dans cette zone, qui dépend fortement de l’agriculture, une fois qu’on a détruit la production agricole, il n’y a plus grands moyens de gagner sa vie », explique Marcel Monette, chargé de projet au CECI.

L’ONG a misé sur le développement de techniques résistant mieux aux catastrophes naturelles. Ainsi, pour la culture des noix de coco, importante dans la région, ils ont notamment préconisé l’utilisation d’arbres plus petits et plus costauds, qui résistent mieux aux grands vents. Un système d’irrigation a par ailleurs été construit pour permettre au minimum deux récoltes annuelles de riz au lieu d’une seule.

Le projet du CECI a également encouragé l’agriculture en milieu périurbain, pour les populations évacuées après le passage du typhon Haiyan. « Le gouvernement avait déplacé des gens qui étaient en bordure de mer et les avait envoyés dans des zones où il y avait peu de terrain, donc peu de possibilités de faire des activités agricoles », raconte M. Monette.

Diversifier l’économie

L’ONG a œuvré afin de donner à des gens sans emploi l’accès à des formations techniques et professionnelles. « Ce qu’on voulait faire à travers ce projet, c’était de diversifier un peu les activités génératrices de revenus, qui permettent aux gens de cette zone de gagner de l’argent », explique M. Monette.

Fidèle à sa mission d’encourager l’égalité des sexes, le CECI est venu en aide à la création ou au développement de plus de 150 entreprises dirigées par des femmes, dans différents domaines. « Aux Philippines comme dans tant d’autres pays, il reste toujours dans le monde rural des difficultés pour les femmes de prendre toute la place qui leur revient », souligne M. Monette.

Les droits des femmes et des travailleurs ont également été au cœur d’un volet de formation technique et professionnelle. « Dans beaucoup d’organismes des pays du Sud, les gens ont souvent de la difficulté à avoir accès aux systèmes bancaires formels », poursuit le chargé de projet au sujet du volet visant à favoriser l’accès au microcrédit.

Afin d’assurer la continuité des projets mis sur pied sur le terrain, des gens ont été formés, qui à leur tour pourront transmettre leur savoir, notamment au sujet des techniques de production agricole, de la préparation aux désastres naturels et de l’égalité des sexes.

« Il y avait des choses encourageantes pour la durabilité et la pérennité de nos activités sur place », dit M. Monette. Et selon les contacts du CECI sur le terrain, les choses « se déroulent bien ».

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