Des Québécois continuent de se réunir illégalement

Dans un communiqué publié samedi soir, le Conseil des juifs hassidiques du Québec a dit regretter «que certains membres des communautés n’aient pas respecté les directives de la Santé publique limitant à dix le nombre de personnes pouvant être présentes en même temps dans un même lieu de culte».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans un communiqué publié samedi soir, le Conseil des juifs hassidiques du Québec a dit regretter «que certains membres des communautés n’aient pas respecté les directives de la Santé publique limitant à dix le nombre de personnes pouvant être présentes en même temps dans un même lieu de culte».

Les policiers de la grande région de Montréal se sont fait donner du fil à retordre en fin de semaine : ils ont dû mettre fin à plus d’une dizaine de rassemblements illégaux, dont l’un a coûté aux contrevenants plus de 55 600 $.

En collaboration avec le Service de police de Mirabel, la Sûreté du Québec (SQ) a été appelée à intervenir dans une maison de la rue Lafontaine à Mirabel samedi soir, aux alentours de 22 h. Sur les lieux, 36 personnes s’étaient réunies pour festoyer, en dépit du couvre-feu et de l’interdiction des rassemblements, des mesures mises en place par Québec pour freiner la propagation de la COVID-19.

Chaque participant a terminé la soirée avec un constat d’infraction s’élevant à 1500 $ plus les frais, soit en tout 1546 $ par personne. La soirée a donc coûté plus de 55 600 $ au total.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a quant à lui dû intervenir plus d’une dizaine de fois pour interrompre des rassemblements allant à l’encontre de la Loi sur la santé publique, dont la majorité dans des lieux de culte pendant le week-end. En vertu d’un arrêté ministériel publié jeudi, un maximum de dix personnes peuvent « faire partie de l’assistance » d’un lieu de culte.

Samedi après-midi, « le SPVM a visité 11 lieux, majoritairement des lieux deculte, soit après l’appel d’un citoyen, soit après les observations des policiers », a indiqué l’agente Véronique Comtois, porte-parole du SPVM.

Des infractions ont été constatées à 9 des 11 endroits. En tout, 223 contrevenants ont été identifiés et pourraient recevoir des amendes si le Directeur des poursuites criminelles et pénales approuve les rapports d’infraction généraux les visant. Les organismes responsables de chacun de ces lieux sont également cités à titre de personne morale dans ces rapports.

Des constats d’infraction ont aussi été directement distribués, dont 15 pour rassemblement intérieur illégal et 1 pour non-respect du couvre-feu.

Interventions médiatisées

L’agente Comtois a précisé que les agents étaient davantage sur le terrain samedi pour patrouiller dans les arrondissements d’Outremont et du Plateau-Mont-Royal après avoir mis fin à trois rassemblements dans des synagogues et des lieux de culte de ces quartiers vendredi soir et samedi matin. « Ils ont fait de la sensibilisation et ont rencontré les responsables des lieux pour leur rappeler leurs obligations vis-à-vis du décret », souligne-t-elle.

Ces interventions, très médiatisées, ont mis fin à des rassemblements de plusieurs dizaines de gens. D’après le SPVM, plus d’une soixantaine de personnes font l’objet de rapports d’infraction généraux pour ces trois événements. L’agente Comtois fait valoir que ce chiffre sous-estime le nombre de personnes rassemblées à la synagogue vendredi soir puisque la majorité des contrevenants ont quitté les lieux avant que les agents ne puissent établir leur identité.

Dans un communiqué publié samedi soir, le Conseil des juifs hassidiques du Québec a dit regretter « que certains membres des communautés n’aient pas respecté les directives de la Santé publique limitant à dix le nombre de personnes pouvant être présentes en même temps dans un même lieu de culte ».

Mais selon lui, c’est le SPVM qui a mal interprété le décret gouvernemental et le protocole instauré par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail avec les responsables des lieux de culte. Ces directives « permettent l’ouverture de plusieurs salles de prières dans un même édifice pour autant que ce même édifice ait des entrées séparées dans la rue », d’après le Conseil des juifs hassidiques du Québec.

Avec La Presse canadienne

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