Vers la levée du moratoire sur la pêche à la baleine?

Sorrente — Le président de la Commission baleinière internationale (CBI) proposera la levée d'un moratoire imposé il y a 18 ans sur la pêche à la baleine, lors d'une réunion de la CBI prévue aujourd'hui à Sorrente (sud de l'Italie), selon un document confidentiel consulté par l'AFP.

Le Danois Hendrik Fischer assurera aux commissaires de près de 60 pays que la reprise de la pêche commerciale est très importante pour restaurer la crédibilité de la CBI et sa capacité à assurer la survie et la gestion des baleines dans le monde.

Dans un document confidentiel distribué aux membres de la CBI, M. Fischer soutient que son projet permet de trouver l'équilibre entre «des limites saines de la pêche» et la nécessité d'assurer la survie des baleines. «À l'heure actuelle, notre organisation n'est pas généralement perçue comme une institution qui travaille activement, et je pense réellement que les vues et actions polarisées [de ses membres] causent un dommage à la préservation» des baleines, écrit M. Fischer dans son document.

Il a estimé que la reprise progressive de la pêche à la baleine pouvait être mise sur pied au plus tard en 2006. «Je suis convaincu qu'une approche par phases de la pêche commerciale serait utile pour rétablir la confiance du public envers la capacité de la CBI à gérer la pêche et la conservation des stocks de baleines», ajoute M. Fischer.

Selon le patron de la CBI, il serait possible de débuter avec une période initiale de cinq ans pendant laquelle il ne serait possible de pêcher la baleine que dans les eaux territoriales des État membres.

La CBI est divisée entre les pays favorables à la réouverture de la pêche commerciale, emmenés par le Japon, la Norvège et l'Islande, et ses adversaires. Ces derniers sont soutenus par des organisations non gouvernementales qui s'occupent de la protection de l'environnement et des espèces animales, notamment Greenpeace.

Un moratoire sur la pêche à la baleine a été mis en place en 1986 pour protéger l'espèce de l'extinction.

Il a été rejeté par la Norvège, tandis que le Japon et l'Islande ont mis en place un système de quotas annuels permettant la pêche, selon ces deux pays, à des fins scientifiques.

Le Japon, dont la délégation, la semaine dernière, a accusé la CBI de «dysfonctionnement total», menace de créer une organisation parallèle à la Commission baleinière.

La proposition de M. Fischer a permis aux Japonais d'adoucir leur position. «C'est la première fois que nous constatons, au sein de la CBI, un mouvement concerté pour aller de l'avant», a déclaré à l'AFP le porte-parole de la délégation japonaise.