À Beauceville - Une adolescente retrouvée après trois ans

Julie Bureau, une adolescente de 17 ans qui était portée disparue depuis près de trois ans, a été retrouvée saine et sauve, samedi, à Beauceville.

C'est un appel d'un particulier qui a permis à la Sûreté du Québec (SQ) de localiser la jeune fille dans une rue de la ville. Selon les informations transmises par la SQ, Julie Bureau n'a pas cherché à cacher son identité, ni à fuir au moment de son interpellation. Après avoir été interrogée par les enquêteurs de la SQ, elle a été remise à la Direction de la protection de la jeunesse, qui mènera une enquête.

La SQ n'a pas donné de détails sur les raisons de cette longue absence. «C'est l'enquête qui déterminera tout, mais, à partir de ce moment, ça relève du domaine privé», commente Manon Gaignard. Tous les indices portent néanmoins à croire que Julie Bureau était en fugue depuis le 26 septembre 2001.

Ce soir-là, la nouvelle pensionnaire du collège Rivier s'était rendue dans un restaurant de Coaticook avec une amie. Après une dispute, Julie Bureau était repartie seule, sans argent ni bagage. Depuis, aucun signe de vie.

Au fil des mois, toutes sortes de pistes ont été étudiées par la SQ (qui garde tous les dossiers de disparition ouverts jusqu'à une conclusion claire). Mais, malgré des battues effectuées un peu partout en Estrie, un lac artificiel fouillé, une route bloquée, le mystère restait entier. L'étude des échanges de courriels et des clavardages de Julie Bureau n'avait rien donné non plus. Il y a deux mois encore, la rivière Coaticook et ses berges ont été inspectées en vain par une équipe indépendante, parce qu'un radiesthésiste affirmait, pendule à l'appui, que le corps de l'adolescente y reposait.

Joints à leur domicile de Milan, près de Lac-Mégantic, les parents de Julie Bureau se disaient hier épuisés, mais complètement heureux et soulagés. Réveillé par la police à 4 heures du matin, Michel Bureau parlait du plus «beau jour de sa vie. Je ne m'attendais jamais à ça.» Son épouse, Francine Poulin, a affirmé de son côté au Devoir qu'elle n'avait jamais perdu confiance. «À aucun moment. Ç'a été extrêmement difficile, mais j'ai toujours pensé qu'elle reviendrait. Je suis fière de ça, vous voyez.»

Ni un ni l'autre n'avaient encore parlé à leur fille hier. «On ne sait pas ce qu'elle a fait depuis trois ans, mais on est juste heureux qu'elle soit vivante et en santé. On connaîtra le reste plus tard.»

Depuis sa disparition, lorsqu'elle avait 14 ans, l'histoire de Julie Bureau a été reprise régulièrement par les médias écrits, surtout en Estrie. La télévision a aussi emboîté le pas, notamment les producteurs de documentaire Macumba, qui ont consacré un épisode de la série Extremis au cas de l'adolescente.

À la Sûreté du Québec, on signalait hier que le fait de retrouver quelqu'un après quelques années n'est pas inédit, «même si c'est plutôt rare».