La mère de la fillette décédée à Laval libérée sous conditions

Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir

La mère de la fillette de 7 ans de Laval qui a été trouvée morte au domicile familial le 3 janvier a été libérée sous conditions lundi. Elle était incarcérée depuis son arrestation vendredi pour voies de fait et négligence criminelle causant la mort.

La femme afghane a comparu lundi au palais de justice de Laval pour son enquête pour remise en liberté. Menottes aux poignets, dans le box des accusés, la dame, dont le visage était en partie caché par un masque chirurgical, semblait impassible. Menue, les cheveux bruns tirés vers l’arrière, la femme a répondu simplement aux questions du juge, qui lui a demandé si elle comprenait les conditions de sa remise en liberté et si elle les acceptait. Un interprète traduisait de l’anglais au farsi pour l’accusée.

Cette dernière s’est engagée notamment à payer 1000 $, à ne pas troubler la paix, à remettre ses passeports et à ne pas entrer en contact avec une longue liste de personnes. Elle reviendra en cours le 12 avril.

« J’ai parlé avec ma cliente pour être en mesure de la représenter aujourd’hui, a expliqué l’avocat de la défense, Me Kaven Morasse aux journalistes à la suite de sa libération. Quant à ses états d’âme, je ne vous cacherai pas que c’est une tragédie, ce qui s’est produit. Sans entrer dans les détails, tout ce que je peux dire simplement, c’est que c’est un dossier qui […] sans avoir reçu l’ensemble de la preuve, est plus complexe que ce qui a pu sortir initialement. »

Rappelant que sa cliente bénéficie de la présomption d’innocence, l’avocat affirme que « Madame ne représente pas un risque ».

La Couronne « satisfaite »

Vendredi, la Couronne s’était opposée à sa remise en liberté, raison pour laquelle les parties sont revenues devant le tribunal lundi. Mais l’avocat de la Couronne, Nektarios Tzortzinas, s’est dit « satisfait » lundi des conditions imposées. Qu’est-ce qui a changé depuis vendredi ? « Il faut prendre en considération l’ensemble des garanties que Madame était prête à offrir, répond l’avocat de la Direction des poursuites criminelles et pénales. Il y avait discussion à avoir avec son avocat, c’est pourquoi aujourd’hui on est satisfaits par l’ensemble des garanties que Madame fournissait. »

La dame, que le tribunal interdit de nommer pour protéger l’identité de la fillette, fait face à deux chefs d’accusation : négligence criminelle causant la mort et voies de fait. Les faits se seraient déroulés entre le 1er juin 2020 et le 3 janvier 2021, jour où la fillette a été trouvée sans vie au domicile familial de la rue Le Boutillier, dans le quartier Chomedey à Laval.

C’est la famille qui avait appelé le 911. Six personnes se trouvaient au domicile familial lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux. Elles ont toutes été interrogées par la police à titre de témoins dans les heures suivant la macabre découverte. À la suite de l’arrestation de la mère vendredi dernier, la police affirmait que l’enquête n’était pas terminée et que d’autres arrestations pourraient suivre.