Un Noël tranquille pour des policiers du Québec

Dans ce Jean-Coutu de Montréal, les rayons où sont stockés les produits jugés non essentiels sont recouverts d’une pellicule de plastique pour empêcher les clients d’y toucher.
Adil Boukind Le Devoir Dans ce Jean-Coutu de Montréal, les rayons où sont stockés les produits jugés non essentiels sont recouverts d’une pellicule de plastique pour empêcher les clients d’y toucher.

Les policiers du Québec ne semblent pas avoir massivement distribué de contraventions à Noël. Bien qu’on attende encore les bilans détaillés de certains corps de police, dont ceux de la Sûreté du Québec et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les forces de l’ordre ne rapportent pour l’instant que très peu de contraventions concernant des rassemblements illégaux les 24 et 25 décembre. État des lieux de la longue fin de semaine, alors que le nombre de cas quotidiens d’infections à la COVID-19 est resté au-dessus de la barre des 2200 et que les restrictions dans les commerces sont entrées en vigueur.

« Je travaillais le 24 décembre. Cette soirée-là, on a eu seulement cinq appels au sujet de rassemblements [suspects]. Lors des déplacements, on n’a rien vu de hors-norme, juste des personnes seules qui visitaient une famille », raconte la sergente Marie-Pier Cadieux, du Service de police de Saint-Jérôme.

Dans cette ville des Laurentides, aucun constat d’infraction n’a été donné, ni le 24 ni le 25 décembre, et aucun mandat n’a été demandé pour pénétrer dans les résidences. « Les gens étaient coopératifs, ils ont laissé les policiers constater [qu’il n’y avait pas de rassemblement illégal] », poursuit la sergente Cadieux.

À Lévis, le capitaine Julien Roy se dit « agréablement surpris » par le respect des consignes de santé publique à Noël. Son corps de police a réalisé une quinzaine d’interventions les 24 et 25 décembre, mais n’a donné aucun constat d’infraction. « On n’a pas eu le volume de signalements et d’interventions qu’on appréhendait », soulève le capitaine Roy.

On n’a pas eu le volume de signalements et d’interventions qu’on appréhendait

 

Les policiers de Trois-Rivières ont également connu un Noël sans histoire. « On a eu quelques appels, mais, dans tous les cas, aucun constat d’infraction n’a été remis », explique le chargé de relève Patrice Roy. Aux adresses signalées se trouvaient des personnes y résidant. D’autres appels de délation étaient carrément non fondés. « Souvent, les agents sont arrivés à des adresses où il n’y avait personne », rapporte M. Roy.

Dans la ville de Québec, la police est intervenue samedi soir dans un restaurant du secteur Sainte-Foy. Plus d’une dizaine de personnes ont reçu un constat d’infraction. Puis, dimanche avant-midi, les policiers ont constaté la présence d’une quarantaine de personnes dans un centre évangélique, alors que la limite est de 25. Une enquête est en cours.

Mis à part ces deux événements — survenus en réalité après Noël —, les Fêtes n’ont donné lieu jusqu’à présent qu’à très peu d’infractions dans la capitale. « Les gens ont très bien collaboré », indique la porte-parole Sandra Dion. Un bilan détaillé est attendu lundi.

La Sûreté du Québec n’était pas prête à brosser le portrait de ses interventions concernant la pandémie pour Noël. Un bilan sera publié vers le milieu de la semaine. Dimanche, la sergente Marie-Michelle Moore avait connaissance d’un seul événement notable, survenu dans une maison de l’île d’Orléans et diffusé en direct sur Facebook, où plusieurs personnes étaient rassemblées le matin de Noël.

« Les policiers ont obtenu une autorisation judiciaire afin d’intervenir à l’intérieur et de faire respecter la Loi sur la santé publique », explique Mme Moore. Des contraventions ont été distribuées à l’issue de cet incident. Il s’agit vraisemblablement de contraventions de 1546 $ chacune.

Le Service de police de la Ville de Montréal doit publier mardi un bilan des signalements et des interventions relativement aux mesures de santé publique liées à la COVID-19 à l’occasion de Noël.

Dimanche, le gouvernement a mis à jour son bilan de l’épidémie au Québec. Pour les 24, 25 et 26 décembre, on a signalé 6783 nouveaux cas de COVID-19, soit près de 2300 par jour en moyenne. Le cap des 8000 morts liées au coronavirus depuis le début de la pandémie a été franchi, avec 110 décès supplémentaires par rapport aux données précédentes. Les hospitalisations, au nombre de 1085, sont toujours à la hausse.

La peinture, essentielle ou pas ?

Les lendemains de Noël marquaient aussi le début d’un confinement plus strict au Québec. Seuls les commerces de détail vendant des produits jugés essentiels peuvent garder leurs portes ouvertes d’ici le 10 janvier.

À la quincaillerie Home Hardware de l’avenue du Parc, à Montréal, l’entrée avait été dépouillée de nombreux produits qu’on y trouve normalement. Des étalages étaient couverts de papier brun. « Si un client arrive avec des boules de Noël à la caisse, on ne peut pas lui vendre le produit. En fait, toute la section de Noël a été fermée », souligne la gérante, Lucie Lavoie.

Le gouvernement ne fournit pas en détail la liste des produits essentiels dont la vente est permise. Il en résulte une application à géométrie variable. Dans les quincailleries, par exemple, Québec juge essentiels les produits « requis pour effectuer de l’entretien extérieur, des réparations ou de la construction ». Chez Home Hardware, on permet donc la vente de peinture, alors qu’un Canadian Tire de la rue Saint-Laurent, non loin de là, ne l’autorise pas.

Dans un Dollarama de la rue Saint-Denis, de simples cordons bloquaient l’accès à des étalages offrant des produits dont on refuse la vente. Le choix des produits essentiels semble parfois un peu arbitraire. L’achat de cuillères de bois est interdit, mais celui d’assiettes en aluminium est autorisé. Les ventouses pour déboucher les toilettes ne sont pas vendues, mais les pancartes « Vente de garage », oui.

Des inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail doivent vérifier que les plus récentes consignes sont appliquées, mais les corps de police peuvent également assurer une surveillance.

À Québec, des équipes policières se consacrant à faire respecter les mesures de santé publique durant la pandémie continuent de faire des visites dans les commerces. À Montréal, le SPVM dit être « en soutien à la Santé publique » et faire les vérifications qui s’imposent.

Le virus n’a pas accordé de répit

Quelque 6783 nouveaux cas ont été signalés entre le 24 et le 26 décembre au Québec (2291 cas supplémentaires dans la seule journée de samedi). Le nombre de cas depuis le début de la pandémie s’élève désormais à 192 655. On déplore également 110 nouveaux décès depuis la dernière mise à jour, dont 12 qui ont été recensés le 26 décembre. La COVID-19 a tué 8023 personnes depuis son apparition au Québec. Les autorités ont aussi rapporté 33 hospitalisations au cours de cette période de trois jours. Actuellement, 1085 personnes sont hospitalisées à cause de la COVID-19. On compte trois personnes de plus aux soins intensifs, pour un total de 149. La campagne de vaccination s’est poursuivie samedi, journée durant laquelle 3126 doses ont été administrées. Au total, 53 318 tests ont été réalisés les 24 et 25 décembre, dont 21 250 durant le jour de Noël.

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Appel à la prudence

Au moins deux autres cas du variant de la COVID-19 qui a été détecté une première fois au Royaume-Uni ont été identifiés au Canada : l’un en Ontario (le troisième) et l’autre en Colombie-Britannique. Dans les deux cas, les personnes infectées ont voyagé récemment au Royaume-Uni. Bien que l’apparition de ce nouveau variant en inquiète plusieurs, Pierre Talbot, professeur à l’INRS et expert des coronavirus depuis près de 40 ans, invite à la prudence avant de s’alarmer. Il rappelle que ce variant (une accumulation de mutations) en est un parmi tant d’autres depuis l’arri-vée de la COVID-19, il y a un an. Selon lui, il ne faut pas s’inquiéter. «On doit plus se concentrer sur la vaccination, des choses comme ça, qui ont un effet bénéfique sur le profil de contagiosité du virus. Ce variant est peut-être important, mais on ne le sait pas encore», soutient-il, précisant qu’il est aussi prématuré de changer quoi que ce soit dans les consignes sanitaires.

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1 commentaire
  • Serge Pelletier - Abonné 28 décembre 2020 05 h 11

    La bulle universitaire...

    M. Pierre Talbot devrait sortir un peu de sa bulle universitaire et se rendre facilement compte que l'une des caractéristiques qui est importante dans la contamination des milieux hospitaliers concerne les grands trous des directives qui sont présentes par la Gang à Arruda (directeur principal de la santé publique).
    Qu'il regarde les photographies des infirmières, entre autres, qu'il s'attarde aux chaussures, et aux cheveux... Il ne pourra que constater que c'est bien beau des masques et des blouses... Mais que les cheveux se trouvent généralement sans bonnet, frottent partout, etc. ET QUE TOUT CE BEAU MONDE, par gestes inés se passe les mains dans les cheveux (c'est comme le geste de mettre sa main "au visage"). Quant aux chaussures,,, "elles trainent" les virus partout... Comme un "crotte des petits amis" sur le trottoir...