Édition du 15 juillet 1976 - Les Gens de l'air ont des appuis à Paris

OTTAWA - Une association internationale regroupant les pilotes et les contrôleurs de langue française vient d'accorder un appui sans réserve à la position défendue par l'Association des gens de l'air du Québec en faveur de l'implantation du bilinguisme dans les communications aériennes.

Dans une lettre adressée à divers organismes concernés, l'Association internationale des navigants de langue française, qui a son siège à Paris, rejette les allégations de ceux qui s'opposent au bilinguisme dans les radio-communications en invoquant des arguments relatifs à la sécurité.

Ces affirmations, selon l'Association, "ne sont pas étayées du moindre commencement de preuve, mais sont au contraire démenties par une pratique quotidienne et quasi universelle".

Le président de l'organisme, M. C. Bouvier-Muller, rappelle que ceux-là même qui combattent le bilinguisme au Québec "s'en accommodent" depuis 30 ans lorsqu'ils volent au-dessus de Paris, Genève, Rome, Madrid ou Athènes.

M. Bouvier-Muller estime d'ailleurs que les pilotes et contrôleurs anglophones qui se contentent de parler une seule langue sont moins compétents que les navigants multilingues.

"Par égard pour nos amis anglo-saxons, poursuit-il, et compte tenu de leur sous-compétence linguistique, les services de contrôle du monde entier sont à même d'utiliser l'anglais, mais cette langue ne possède aucune vertu particulière qui en fasse un outil plus sûr qu'un autre."

De la même façon, M. Bouvier-Muller écarte l'argument de ceux qui prétendent que l'usage de plusieurs langues sur les ondes radio rend le travail des pilotes plus difficile, puisque la responsabilité d'assurer un écart suffisant entre les appareils incombe à la tour de contrôle et non aux équipes de pilotage.

Considérant comme "injurieuses" pour la conscience professionnelle des pilotes et contrôleurs de langue française "les allusions suivant lesquelles les francophones feraient passer leurs convictions linguistiques avant la sécurité aérienne", l'Association internationale des navigants de langue française souhaite que le droit à l'usage de la langue française cesse d'être contesté aux contrôleurs et pilotes francophones.