Jeux gais en 2006 - Montréal prend une longueur d'avance sur Chicago

En 2002 les jeux gais avaient lieu à Sydney, en Australie.
Photo: Agence France-Presse (photo) En 2002 les jeux gais avaient lieu à Sydney, en Australie.

Les jeux gais de Montréal qui auront lieu en 2006 sont en voie de faire le plein d'athlètes et d'atteindre les objectifs de participation au détriment de Chicago, la concurrente américaine, qui tient un événement semblable à peine deux semaines auparavant.

La période des inscriptions pour les athlètes qui ne sont pas sous une bannière quelconque a commencé le 1er juin dernier; 433 personnes ont rempli le formulaire jusqu'à présent, dont 40 % d'Européens et 12 % d'Américains, un pourcentage plus élevé que prévu chez nos voisins du Sud. «Si ça reste avec ce pourcentage, ça va dépasser nos attentes», souligne Jean-Yves Duthel, porte-parole de Rendez-vous Montréal 2006.

Mais l'étape importante se mettra en branle dans deux semaines, quand les équipes des différentes villes s'inscriront avec leurs milliers d'athlètes. C'est que les jeux gais ne fonctionnent pas avec une représentation par pays comme aux Jeux olympiques mais avec des villes qui se regroupent en équipe. Et selon les dernières informations disponibles, Montréal attirera les grandes équipes sans trop de difficulté.

Des villes importantes

À quelques jours des inscriptions, plusieurs villes ont déjà confirmé leur présence dans la métropole. Les équipes canadiennes de Toronto, de Vancouver et de Calgary ont choisi Montréal, tout comme les villes américaines de Boston et de Miami, qui font ainsi un pied de nez à leur pays en laissant de côté Chicago. Sydney, en Australie, viendra aussi au Québec. Équipe New York, la plus grosse du monde avec ses 1000 athlètes, hésitait entre Montréal et Chicago cet hiver, mais les chances de l'attirer dans la métropole seraient excellentes.

Les nombreux voyages des organisateurs de Rendez-vous Montréal 2006 ont permis de convaincre une panoplie de villes. L'Europe est pratiquement acquise, alors que Londres, Madrid, Berlin, Amsterdam et Bruxelles ont entre autres déjà annoncé leurs couleurs.

En fait, la grande fédération européenne homosexuelle, qui regroupe 112 équipes et 13 500 athlètes, appuie Montréal. Si les villes peuvent toujours choisir Chicago, puisque c'est une décision locale, le poids de la fédération européenne pèse lourd. Sans compter l'attrait de Montréal pour les Européens, qui préfèrent la métropole québécoise à une ville américaine.

Paris, étrangement, représente toujours un point d'interrogation. La Ville lumière doit décider de son allégeance sous peu, mais son dirigeant, Manuel Picot, est un ami de Roberto Mantaci, l'un des coprésidents de la Fédération des jeux gais, qui met en place l'événement de Chicago. «Mais on n'a pas encore abordé le marché français, je ne pense pas qu'on va avoir un problème, notre appui est bon chez les athlètes», souligne Jean-Yves Duthel.

Au moins 16 000 participants

Des bonnes nouvelles donc pour les organisateurs des jeux gais de Montréal, qui comptent toujours recevoir «au minimum» 16 000 sportifs du 29 juillet au 5 août 2006. Le budget demeure à 16 millions de dollars. «À moins d'un malheur, tous les objectifs seront atteints», soutient Jean-Yves Duthel.

La ville de Chicago, qui a obtenu la tenue des jeux sur le tard, quand la Fédération des jeux gais a retiré son appui à Montréal, ne nuit pas au recrutement, selon le porte-parole. «Honnêtement, on ne s'occupe pas de Chicago, dit Jean-Yves Duthel. On ne les sent pas sur le terrain, même aux États-Unis. La tendance est pour Montréal.» D'ailleurs, Chicago se cherche toujours des commanditaires majeurs et sa communauté gaie reste divisée entre ceux qui appuyaient Montréal et ceux qui voulaient que la Ville des vents se lance dans la course.

Volet culturel

En plus des athlètes, le volet culturel de Rendez-vous Montréal 2006 est aussi assuré de recevoir son lot de participants. Cinq mille choristes seront de la partie, tout comme 700 danseurs de «set carré» (square dancing) et 600 membres de différents corps de clairon. La conférence sur le droit des homosexuels, qui aura lieu deux jours avant l'événement sportif, attirera quant à elle 2000 personnes. Rendez-vous Montréal 2006 doit permettre des retombées économiques de 180 millions de dollars pour la métropole.

L'événement de Montréal sera le premier World Out Games, les jeux gais de la GLISA (Gays and Lesbians International Sports Association), le nouvel organisme qui évolue en parallèle de la Fédération des jeux gais. Berlin, en 2009, doit en présenter la deuxième édition.