Palmarès du développement humain de l'ONU - La Norvège mène la marche; le Canada est quatrième

New York — Pour la quatrième année consécutive, la Norvège est en tête des 177 pays du palmarès dressé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport annuel publié hier, la Sierra Leone arrivant en dernière position. Quant au Canada, il a regagné un peu du terrain perdu pour se classer en quatrième position au palmarès.

Après avoir détenu pendant des années la première place sur l'indicateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Canada s'était retrouvé en huitième place en 2003. Selon l'étude annuelle du PNUD, publiée hier, il est maintenant en quatrième position relativement à l'espérance de vie, le niveau d'instruction et le revenu par habitant dont bénéficie sa population.

Ce classement combine une série d'indices datant de 2002 qui traduisent l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le produit intérieur brut (PIB) par habitant.

Dans le palmarès de 2004, la Norvège garde sa place de leader, devant la Suède, l'Australie, la Canada et les Pays-Bas, les États-Unis arrivant en 8e position, devant le Japon (9e), la Grande-Bretagne (12e), la France (16e), l'Allemagne (19e), suivie de l'Espagne, de l'Italie et d'Israël. Le Luxembourg (15e) reste en tête pour le PIB par habitant (61 190 dollars), devant la Norvège, l'Irlande (10e au classement général) et les États-Unis.

Cuba arrive en 52e position, juste devant le Mexique, la Russie se classant 57e, loin devant la Turquie (88e), la Chine (94e), le Viêtnam (112e), le Maroc (125e) et l'Inde (127e). Dans le peloton de queue arrivent encore la RD Congo (168e), l'Angola (166e), la Côte-d'Ivoire (163e), Haïti (153e), le Kenya (148e), le Pakistan (142e) et le Bangladesh (138e).

Choc des religions, des cultures et des langues

Dans son rapport annuel sur le développement humain publié hier, le PNUD s'inquiète des effets du choc actuel des religions, des cultures et des langues, qui nuit au progrès des pays les plus pauvres. Pour éradiquer la pauvreté, «notre monde doit commencer par relever victorieusement le défi de savoir construire des sociétés intégratrices, qui respectent les diversités culturelles», écrivent les auteurs dans la préface de ce rapport.

Ils y voient «la possibilité pour les pays de se concentrer réellement sur d'autres priorités, telles que la croissance économique, la santé et l'éducation de tous les citoyens», tout en permettant aux individus «une expression culturelle pleine et entière».

Intitulé La Liberté culturelle dans un monde diversifié, le rapport comprend les contributions de l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, de l'Iranienne lauréate du prix Nobel de la paix en 2003, Shirin Ebadi, ainsi que du président afghan, Hamid Karzaï.

Plusieurs chapitres sont consacrés aux défis du multiculturalisme dans le cadre démocratique, pour garantir notamment la liberté religieuse, le droit coutumier ou l'usage des langues minoritaires.

Les auteurs s'intéressent aussi à la réponse possible des États, démocratiques ou non, aux mouvements parfois violents visant une domination culturelle, notamment via l'extrémisme religieux. Le rapport prend plusieurs exemples, dont l'Asie centrale après la domination soviétique, qui a vu la montée d'un pouvoir religieux prônant l'islamisation de l'État.