Indemnisation - La famille Livernoche rejette l'offre de Québec

La famille d'Alexandre Livernoche rejette une offre d'indemnisation de Québec.

Le père d'Alexandre Livernoche rejette l'indemnisation de 17 500 $ offerte par le gouvernement du Québec pour la mort de son fils. L'adolescent de 13 ans avait été tué par le récidiviste Mario Bastien, à Sorel, le 4 août 2000.

André Livernoche a déjà déposé une poursuite de 400 000 dollars contre le ministère de la Sécurité publique et la Commission québécoise des libérations conditionnelles. Il affirme que l'offre du gouvernement est risible, compte tenu des ratés survenus dans le processus de remise en liberté du prédateur sexuel à l'origine du crime.

Atteint d'un cancer, M. Livernoche déplore les lenteurs du processus d'indemnisation. Son ex-conjointe et mère de l'enfant, Sylvie Girard, poursuit séparément les deux mêmes organismes pour la somme de 900 000 $.

«Si cela avait été le fils d'un ministre, pensez-vous qu'ils auraient eu le courage de lui offrir 17 500 $?», a lancé M. Livernoche, dans une entrevue téléphonique de son domicile de Saint-Bruno-de-Kamouraska, au nord-est de Québec.

Précédent

Mario Bastien, un prédateur sexuel aujourd'hui âgé de 32 ans, a été reconnu coupable en 2001 du meurtre à caractère sexuel du jeune Livernoche. Il avait auparavant enlevé l'enfant à Sorel pour l'agresser sexuellement et abandonner son corps dans une carrière de sable.

Bastien bénéficiait alors d'une libération temporaire de la prison où il purgeait une peine pour divers délits, et ce malgré un rapport dans lequel il faisait état de ses fantasmes sexuels et de son désir d'enlever un enfant pour en faire son esclave sexuel.

Bien qu'elle ait été rejetée par la famille, l'offre de 17 500 $ n'est quand même pas très éloignée du montant de 25 000 $ établi par la Cour suprême du Canada en 1996, indique Patrice Deslauriers, un expert juridique de l'Université de Montréal.

«On craint d'en donner beaucoup trop, comme aux États-Unis, mais nous n'en donnons finalement pas assez», ajoute-t-il.

Poursuite civile

Pour Jean-Pierre Rancourt, l'avocat de Mme Girard, les circonstances uniques de l'affaire suffisent à justifier le montant demandé en dommages.

«Les cours et le système judiciaire québécois ont besoin d'évoluer, a-t-il soutenu. Aux États-Unis, une cause semblable se réglerait pour cinq millions de dollars.»

La poursuite civile de la famille devrait être entendue au début de l'année prochaine en Cour supérieure du Québec.