Le plein air pour remédier au confinement?

Si plusieurs détaillants avaient prévu l’engouement pour le plein air et s’étaient approvisionnés en conséquence chez leurs fournisseurs, certains stocks d’équipements spécialisés commencent
à faire défaut.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Si plusieurs détaillants avaient prévu l’engouement pour le plein air et s’étaient approvisionnés en conséquence chez leurs fournisseurs, certains stocks d’équipements spécialisés commencent à faire défaut.

Limités dans leurs activités en raison des restrictions sanitaires, les Québécois renouent avec le plein air et les sports d’hiver — au grand bonheur des détaillants d’articles sportifs. Les clients sont nombreux, et certains commerces peinent à suffire à la demande.

« La crise sanitaire a relancé le vélo, le ski de fond et la raquette », notait la semaine dernière le cycliste et entrepreneur Louis Garneau lors de la conférence de presse pour la relance de son entreprise. Il n’est pas le seul à le constater. Les détaillants qui œuvrent dans le secteur font face à une importante hausse de la demande.

Brigitte Trottier, propriétaire de Ski Town Brossard, explique que les ventes ont bondi cette année, notamment sur le Web. « On s’est approvisionnés à temps avec nos fournisseurs, alors il nous reste encore suffisamment de marchandises. Par contre, c’est sûr qu’il y a déjà certains stocks qui commencent à faire défaut — notamment pour ce qui est de l’équipement en ski de randonnée alpine, un sport très populaire cette année. Heureusement, on devrait être réapprovisionnés d’ici la mi-janvier. »

La propriétaire de la boutique de ski remarque qu’en raison de la pandémie, les gens ressentent le besoin de sortir et de faire des activités de plein air. « Comme les gens ne peuvent plus partir en vacances, certains transfèrent leurs dépenses dans le matériel sportif à la place », souligne Mme Trottier, qui note aussi une popularité accrue du ski de fond. « On ne vend même pas de skis de fond dans notre magasin, mais c’est incroyable l’emballement pour ce sport cette année. Je ne me suis jamais fait poser autant de questions par rapport à ça. »

Photo: Olivier Zuida Le Devoir Diverses boutiques ont constaté un regain d’intérêt pour le ski de fond, même chez des gens qui ne s’y étaient pas consacrés depuis plusieurs années.

À Sherbrooke, les employés de la boutique Vélomania constatent aussi le fort attrait des clients pour le ski de fond. « Il y a des clients qui viennent à la boutique et qui nous expliquent que ça fait peut-être vingt ans qu’ils n’en ont pas fait, mais ils veulent s’y remettre », raconte Emma Paquet Walsh, gérante au magasin. Le fat bike est aussi une des nouvelles tendances qui comptent beaucoup d’adeptes, note-t-elle.

L’équipe de Vélomania a anticipé cette forte demande pour l’équipement sportif cet hiver, en se basant sur la popularité qu’a connue le vélo cet été. « On s’est pris d’avance pour commander plus de vélos et de skis de fond que les autres années pour être préparés à une explosion de la demande. Comme on l’avait prévu, les clients ont été au rendez-vous. Il nous manque quelques tailles dans certaines catégories de produits, mais il nous en reste encore, sauf qu’on a moins de choix », explique Mme Paquet Walsh.

Les stations de ski prisées

Plusieurs stations ne sont pas encore ouvertes, mais nombreux sont les clients qui ont déjà réservé leurs abonnements. « Sur l’ensemble des stations de ski du Québec, on observe une augmentation d’environ 50 % des ventes pour les abonnements de saison. C’est beaucoup ! », explique Josée Cusson, porte-parole de l’Association des stations de ski du Québec.

« Certaines stations de ski ont même dû arrêter la vente d’abonnements de saison pour être en mesure de bien gérer leur capacité d’accueil en fonction des mesures sanitaires édictées par la Santé publique », souligne-t-elle au téléphone.

Les skieurs qui n’ont pas eu la chance de mettre la main sur des abonnements pourront encore se procurer des « billets journaliers ». Toutefois, « lors des journées de fort achalandage, il est fort probable que certaines stations ne pourront pas vendre des billets journaliers pour respecter le nombre maximal de skieurs qu’elles peuvent accueillir », explique Mme Cusson. Ainsi, dans la plupart des stations, le mot d’ordre est de réserver sa visite pour éviter un refus à l’entrée des pistes.

Les parcs nationaux très courus

Les activités de plein air ne se limitent toutefois pas au ski ou au fat bike, dont les coûts peuvent être très élevés. La randonnée et la marche en sentier connaissent une popularité importante, et l’enthousiasme prononcé des Québécois pour les parcs nationaux cet été laisse présager que cette tendance devrait se poursuivre aussi cet hiver, souligne-t-on à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq).

« On a eu un achalandage exceptionnel durant l’été », explique Simon Boivin, porte-parole de l’organisation. « Non seulement les gens ne pouvaient pas quitter le pays, mais ils avaient aussi ce besoin de sortir de chez eux, à force d’être toujours enfermés à l’intérieur. »

Au mois de juin, la Sépaq a pu offrir un rabais de 50 % sur ses cartes annuelles donnant un accès illimité à l’ensemble de ses parcs pendant un an, et ce, grâce à une aide de 5 millions de dollars du gouvernement du Québec.

« Plus de 140 000 cartes annuelles ont été vendues au rabais cet été. Seulement 72 heures après leur mise en vente, elles étaient déjà toutes écoulées. Cela témoigne du besoin des Québécois d’aller dehors », souligne M. Boivin, qui croit que ce besoin ne s’estompera pas dans les mois à venir.

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1 commentaire
  • Robert Morin - Abonné 14 décembre 2020 12 h 06

    Pourquoi une raison sociale en anglais?

    Je me demande toujours comment il se fait que l'Office québécois de la langue française n'intervient plus lorsqu'un commerce implanté au Québec (et en l'occurrence propriété d'une personne francophone) choisit une raison sociale anglophone, comme «Ski Town Brossard». Est-ce un signe des temps? La matérialisation de la vision de Falardeau avec son personnage d'Elvis Gratton? Je ne saurais dire, mais il me semble que la fierté pour notre langue et pour notre culture, ça commence par le choix d'afficher une raison sociale en français dans le paysage québécois.