Les travailleurs immigrants doivent être mieux protégés selon une coalition d’aide

Dans le but de prévenir de tels abus, la coalition de défense soumet une liste de revendications en matière de santé et de sécurité du travail.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Dans le but de prévenir de tels abus, la coalition de défense soumet une liste de revendications en matière de santé et de sécurité du travail.

De nombreux travailleurs immigrants qui n’ont pas de statut de résidents permanents font l’objet d’abus par des employeurs qui profitent de leur situation, dit constater la Coalition contre le travail précaire, qui rassemble plusieurs organismes de défense des droits des immigrants et des travailleurs vulnérables. Selon elle, les gouvernements doivent agir pour mieux les protéger.

Au cours d’une conférence de presse virtuelle, des travailleuses à statut précaire ont témoigné de situations d’abus dont elles ont été victimes. Des employeurs sans scrupules n’hésitent pas à profiter de la vulnérabilité de ces personnes pour refuser de les payer, pour exiger des tâches dangereuses sans protection adéquate ou encore pour user de chantage.

Parmi les témoignages entendus, Loreto Rodriguez a raconté avoir été victime d’abus dans le milieu de la construction. Alors qu’elle effectuait divers travaux pour un entrepreneur, incluant de la peinture et du plâtrage, on ne lui aurait fourni aucun équipement de protection ni formation même si elle devait grimper dans des échafaudages.

« Mon employeur savait que j’avais un statut d’immigration précaire et que j’attendais mon permis de travail, alors il abusait de la situation. Il ne me payait pas régulièrement et parfois j’ai dû attendre plus d’un mois avant d’être payée », a-t-elle raconté en révélant même avoir été congédiée à l’arrivée de la pandémie, sans préavis et sans avoir reçu tout l’argent qui lui était dû.

Dans le but de prévenir de tels abus, la coalition de défense soumet une liste de revendications en matière de santé et de sécurité du travail. Les neuf demandes traitent principalement d’un meilleur encadrement visant à assurer le respect des normes déjà en place. On demande aussi une modification du statut des travailleurs domestiques et une meilleure protection des travailleurs non syndiqués.

On exige aussi une réforme en profondeur de toute la réglementation qui encadre les pratiques d’agences de recrutement et de placement pour les travailleurs immigrants. Des agences dont les pratiques ont maintes fois été décriées pour la façon dont elles traitent la main-d’œuvre immigrante.

De plus, la coalition réclame la régularisation du statut de tous les travailleurs immigrants se trouvant sur le territoire canadien.

« Dans la première vague, on a ouvert les frontières pour faire entrer les travailleurs immigrants temporaires en reconnaissant leur apport essentiel », a souligné Viviana Medina du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI).

« Plus que jamais, ils étaient au front dans cette pandémie », renchérit-elle en plaidant pour une reconnaissance de la contribution de toutes celles et ceux qui ont mis leur santé à risque pendant la crise sanitaire et pas seulement en donnant des soins directs.

Le ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino, a annoncé cette semaine que les « anges gardiens » demandeurs d’asile ayant travaillé dans le secteur de la santé pourront déposer une demande de résidence permanente.

D’autres demandes de la coalition, en matière d’immigration, visent à élargir l’accès au Certificat de sélection du Québec (CSQ) par les participants au Programme d’expérience québécoise (PEQ) en éliminant la clause portant sur les travailleurs non qualifiés et en modifiant celle portant sur la compétence linguistique, jugée irréaliste.

Finalement, les organismes de défense des travailleurs vulnérables estiment qu’un salaire minimum décent devrait atteindre la barre symbolique des 15 $ l’heure.

La Coalition contre le travail précaire regroupe le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), PINAY, l’Association des travailleuses et travailleurs migrants du Québec (ATTMQ), l’Association des travailleurs et travailleuses temporaires des agences de placement (ATTAP), Mexicain.es uni.es pour la régularisation (MUR), India Civil Watch-Montreal ainsi que le Centre communautaire des femmes Sud-Asiatiques.