Le programme de régularisation des «anges gardiens» en voie d’être lancé

Plusieurs manifestations réclamant un statut migratoire pour les demandeurs d’asile, dont les «anges gardiens», se sont tenues l’été dernier à Montréal.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Plusieurs manifestations réclamant un statut migratoire pour les demandeurs d’asile, dont les «anges gardiens», se sont tenues l’été dernier à Montréal.

Alors que le programme de régularisation des anges gardiens sera lancé le 14 décembre, le ministre fédéral de l’Immigration du Canada dit garder « la porte ouverte » pour négocier une seconde phase avec le Québec, qui pourrait inclure les demandeurs d’asile qui ne travaillent pas en soins directs aux patients. « Le message clé est si le gouvernement du Québec pense, avec plus de temps, qu’il faut reconsidérer les paramètres, je serai là pour avoir cette discussion [avec lui] », a dit le ministre Marco Mendicino en entrevue au Devoir.

Le programme, qui commencera à recevoir des dossiers d’ici quelques jours, n’admettra que les demandeurs d’asile (déboutés ou non) ayant travaillé dans un établissement de la santé dans les soins directs aux patients. Sitôt annoncé en août, il avait été jugé trop restrictif par certains qui auraient voulu le voir s’élargir à toutes les personnes ayant travaillé dans les établissements de santé, comme les cuisiniers, les agents de sécurité ou les préposés à l’entretien.

Il y a trois semaines, le ministre Mendicino, qui envisage d’accueillir le nombre historique de 401 000 résidents permanents dès 2021, avait reconnu que la pandémie avait démontré à quel point le Canada avait besoin des immigrants.

Le ministre semble toujours vouloir en régulariser davantage. « Je pense qu’il y a une opportunité très unique dans le contexte de la COVID-19 de regarder [la situation de] tous les immigrants qui sont déjà dans notre pays. Ça inclut les travailleurs étrangers, les étudiants internationaux et même les demandeurs d’asile qui ont déjà contribué », a dit le ministre Mendicino. Il a par ailleurs reconnu que plusieurs personnes déjà au pays sont des travailleurs étrangers qui sont dans les services essentiels comme la santé, le commerce et le secteur agricole. « Il y a une opportunité pour élargir », a-t-il ajouté.

Selon lui, il est important de souligner que la première phase du programme est en marche et que c’est une « journée historique ». « Et avec le succès, je l’espère, il y aura un momentum » pour aller plus loin, a soutenu M. Mendicino.

Critères

Pour être admis au programme sur le point d’entrer en vigueur, les demandeurs d’asile devront avoir acquis au moins six mois d’expérience professionnelle à temps plein dans l’une des professions admissibles (infirmière, préposée aux bénéficiaires, etc.) en plus d’avoir occupé pendant au moins 120 heures entre le 13 mars et le 14 août 2020 l’un de ces postes.

Les demandeurs d’asile devront également satisfaire une liste de critères déterminés par les ministères de l’Immigration des deux ordres de gouvernement.

De plus, comme il est possible que certains demandeurs d’asile aient contracté la COVID-19 et succombé à la maladie, les époux ou conjoints de fait arrivés au Canada avant le 14 août pourront être inclus dans la demande de résidence permanente, a fait savoir le ministère canadien de l’Immigration.

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait pour sa part laissé entendre il y a un mois qu’il pourrait vouloir négocier à nouveau l’élargissement du programme, mais la porte avait aussitôt été refermée par sa ministre de l’Immigration, Nadine Girault.

Soutenue par les députés de l’opposition, la Coalition pour la régularisation des statuts organise une conférence de presse jeudi midi devant l’Assemblée nationale pour réclamer l’élargissement du programme visant les anges gardiens. 

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