Un meurtre conjugal est survenu à Laval vendredi

Un homicide conjugal est survenu vendredi dernier à Laval lorsqu’un homme — qui avait été accusé en janvier de voies de fait sur sa conjointe — l’a tuée dans son appartement.

Albert Nathaniel, 58 ans, a été formellement accusé samedi, par voie téléphonique, du meurtre non prémédité de Françoise Côté, 74 ans, et de trois chefs de bris de condition. Le suspect n’était pas autorisé à se trouver en présence de la victime, de la contacter et de consommer de l’alcool ou de la drogue.

« Lorsqu’il y a eu antérieurement des actes de violence [envers la conjointe] ou des relations antérieures où il y a eu de la violence, c’est le drapeau rouge numéro 1, le facteur déterminant, qui indique que la victime est dans un contexte de risque extrême », souligne Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

On ne connaît pas la cause exacte du décès de Françoise Côté. Mais à l’arrivée des policiers, la victime était déjà inanimée et plusieurs marques de violence étaient visibles sur son corps, rapporte Évelyne Boudreau, agente aux affaires publiques au service de police de Laval.

Son décès a été constaté sur place. Albert Nathaniel — qui se trouvait dans l’appartement situé sur l’avenue du Havre-des-Îles, dans le quartier Chomedey à Laval — a été arrêté sur le champ.

Le Service de police de Laval demande l’aide du public pour déterminer les allées et venues du suspect dans les jours ayant précédé le drame. Les enquêteurs souhaitent ainsi valider la version des faits offerte par le suspect.

L’aide du public est également réclamée afin de retracer le véhicule de la victime (une Dodge Caravan 2009 blanche, immatriculée H28 THP), qui aurait possiblement été utilisé par le suspect, mais qui demeure introuvable.

Facteurs de risque

Lundi, le Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale, créé en 2018 par le bureau du coroner dans la foulée du décès de Daphné Huard-Boudreault, a déposé son premier rapport. Après l’analyse des dossiers de 10 meurtres conjugaux, le comité d’experts en est venu à la conclusion que les facteurs de risque avaient mal été évalués par les intervenants qui avaient été en contact avec les victimes ou leurs agresseurs.

« Tout au long de son développement et de son intensification, la violence conjugale se manifeste donc par de nombreux signes bien identifiables », mentionne le rapport.

Dans presque tous les dossiers étudiés — comme dans celui de la victime de Laval — les services policiers étaient intervenus avant le décès. Pour Manon Monastesse, qui siège sur le comité, de nombreux homicides conjugaux sont en fait « des chroniques d’une mort annoncée ».

« Dans tous les cas qu’on a étudiés, il y a eu des manquements dans les processus d’intervention. » Pour « agir pour sauver des vies », le comité d’experts recommande notamment d’offrir une meilleure formation aux policiers et aux intervenants en violence conjugale, tout en sensibilisant davantage la population aux différences entre une chicane de couple et des manifestations de violence conjugale.

D’autant que le confinement a eu un effet sur la prévalence et l’intensité de la violence intrafamiliale. Manon Monastesse rapporte que son équipe s’est trouvée « en état de choc » face à l’intensité de la violence rapportée par les femmes ayant fait appel à leurs services dans les derniers mois. « En étant 24 heures sur 24 avec leur agresseur, les femmes et les enfants n’avaient presque aucun moment de répit. Elles ont vécu des violences plus sévères et plus insistantes aux niveaux physique ou psychologique. […] [La violence conjugale], c’est un cycle qui va s’intensifier et les périodes d’accalmie vont se réduire de plus en plus. »

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