La mère de Norah et Romy Carpentier, tuées par leur père, se livre dans une vidéo

Lorsque les policiers ont ensuite annoncé avoir retrouvé Romy, Amélie Lemieux s’est effondrée. «Je suis tombée littéralement, j’entendais crier autour de moi “elle est en train de mourir”, on m’a dit que [j'ai] virée au blanc, même mes yeux étaient blancs», dit-elle.
Photo: Capture d'écran vidéo Deuil-Jeunesse Lorsque les policiers ont ensuite annoncé avoir retrouvé Romy, Amélie Lemieux s’est effondrée. «Je suis tombée littéralement, j’entendais crier autour de moi “elle est en train de mourir”, on m’a dit que [j'ai] virée au blanc, même mes yeux étaient blancs», dit-elle.

Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy, deux fillettes tuées par leur père au mois de juillet dernier dans la région de Québec, a livré un témoignage bouleversant dans une vidéo mise en ligne par l’organisme Deuil-Jeunesse.

La vidéo débute avec un plan large sur le visage d’Amélie Lemieux qui récite la comptine qu’elle a chantée à « ses filles pour la dernière fois », avant que celles-ci ne s’endorment à jamais.

Le soir du drame

Amélie Lemieux a raconté avoir été réveillée par des agents de la Sûreté du Québec le 8 juillet 2020, qui lui ont demandé si son mari conduisait une voiture de marque Volkswagen et si ses deux enfants étaient avec elle.

Toujours selon son témoignage, les policiers lui ont expliqué que la voiture de son mari avait été retrouvée accidentée, sans aucun passager à son bord.

La femme a ensuite été escortée sur les lieux de l’accident, où il y avait plusieurs policiers, des chiens d’intervention et des gyrophares. « Mais on ne m’en disait pas plus. »

 

Ce soir-là, Amélie Lemieux dit avoir proposé aux policiers que les chiens d’intervention reniflent des articles qui appartenaient aux deux fillettes.

« Mais on me répondait que ce n’était pas des chiens pour ça », a-t-elle expliqué dans la vidéo.

Aux policiers qui l’interrogeaient, la femme a expliqué que son « mari ne pouvait pas être dangereux ».

Elle le décrit comme un père aimant et un homme bienveillant qui a toujours veillé à ce qu’elle ne manque de rien même si le couple était séparé.

Avant le drame, Amélie Lemieux a raconté qu’elle avait passé la journée avec son mari et les deux enfants, dans une ambiance « conviviale ».

« Quand on m’a annoncé qu’ils avaient retrouvé Norah, j’espérais encore qu’elle soit en vie. »

« J’espérais encore une fin heureuse, je ne pouvais pas concevoir que Martin ait pu poser un geste irréparable. »

Lorsque les policiers ont ensuite annoncé avoir retrouvé Romy, Amélie Lemieux s’est effondrée.

« Je suis tombée littéralement, j’entendais crier autour de moi “elle est en train de mourir”, on m’a dit que [j'ai] virée au blanc, même mes yeux étaient blancs. »

La mère endeuillée a expliqué comment elle est passée à travers les procédures administratives qui ont suivi le décès des fillettes.

« J’avais envie que ça se passe le plus rapidement possible, parce que tout ce que je voulais, c’était de les rejoindre », a confié Mme Lemieux en expliquant que le moindre geste du quotidien devient difficile et semble complètement inutile lorsqu’un drame d’une telle ampleur survient.

Elle a également souligné que l’attention dont elle a fait l’objet rendait l’épreuve encore plus difficile.

« On est venu gratter dans ma vie pour essayer de trouver un pourquoi et un comment, ça crée beaucoup d’anxiété à me retrouver en public, je commence à aller à l’épicerie », a expliqué Amélie Lemieux qui craint toujours « de se faire juger ».

Mais l’intervention des gens de Deuil-Jeunesse, la présence de « ses amis en or » et l’aide inconditionnel des membres de sa famille lui ont permis de croire en des jours meilleurs.

La possibilité d’un nouveau départ

Amélie Lemieux a fait part de son désir d’avoir d’autres enfants.

« Mon avenir quand je le regarde, je me vois avec d’autres enfants, mon copain en a deux, ça m’apporte énormément, mais mes filles étaient exceptionnelles et uniques, mais je sais que je ne serai pas capable de faire ma vie sans avoir mes enfants à moi, alors oui, je me vois avec d’autres enfants et donner à Norah et à Romy un petit frère ou une petite sœur ».

Les petites Norah et Romy Carpentier ont été découvertes sans vie, le 11 juillet, dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, après l’émission d’une alerte Amber par la Sûreté du Québec trois jours plus tôt.

Le corps de Martin Carpentier, qui avait assassiné ses deux petites filles, a été retrouvé après plus de 10 jours de recherches dans la région.