L'Alberta conteste le règlement - Québec se porte à la défense de la margarine blanche

Québec — Le gouvernement du Québec n'entend pas abdiquer face à l'Alberta, qui conteste la réglementation québécoise sur la couleur de la margarine.

Le Québec s'apprête à nommer un représentant pour tenter de régler le différend qui l'oppose à la province la plus prospère du Canada, a fait savoir hier le ministre du Développement économique, Michel Audet.

L'Alberta allègue que le règlement québécois sur la coloration de la margarine n'est pas conforme à l'Accord sur le commerce intérieur (ACI) et constitue, par conséquent, une barrière au commerce interprovincial.

En vertu des dispositions de l'accord, l'Alberta exige la création d'un groupe spécial afin d'examiner la question.

Le gouvernement du Québec, a annoncé le ministre Audet, proposera à cet effet la nomination d'un des trois membres qui formeront ce groupe chargé de régler le différend. «Le Québec est signataire de l'ACI et il utilisera les recours prévus à cet accord pour défendre ses intérêts», a déclaré le ministre par voie de communiqué.

Depuis 1987, le Québec interdit aux fabricants d'offrir aux consommateurs québécois une margarine ayant la couleur du beurre, une façon de protéger l'industrie laitière locale. «On n'interdit pas la vente de margarine, on interdit simplement qu'elle ait la couleur du beurre», affirme la ministre de l'Agriculture, Françoise Gauthier.

Bien que les fabricants de margarine de l'extérieur du Québec détiennent la majorité du marché au Québec, les producteurs québécois de ce produit sont soumis aux mêmes exigences que ceux de l'extérieur.

«Nous sommes confiants de gagner devant le groupe spécial à l'ACI, a poursuivi Mme Gauthier. Comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant, nous défendrons avec vigueur et fermeté la réglementation québécoise.»

En vigueur depuis 1995, l'ACI vise à faciliter la circulation des biens et services au Canada.

Cet accord contient des chapitres sectoriels dont un sur les produits agricoles. Les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral en sont les signataires.