Frénésie modérée dans les magasins à un mois de Noël

L’achalandage dans les centres commerciaux de la grande région de Montréal, comme ici au Carrefour Laval, était supérieur cette fin de semaine à celui des dernières semaines, mais cependant très loin des niveaux pré-COVID-19 pour la même période de l’année.
ValÉrian Mazataud Le Devoir L’achalandage dans les centres commerciaux de la grande région de Montréal, comme ici au Carrefour Laval, était supérieur cette fin de semaine à celui des dernières semaines, mais cependant très loin des niveaux pré-COVID-19 pour la même période de l’année.

À l’approche des Fêtes, la frénésie de Noël commence à se faire sentir dans les centres commerciaux, où les files d’attente se multiplient devant les magasins. Un achalandage qui n’a toutefois rien à voir avec les dernières années, assurent clients et employés croisés sur place dimanche.

« Je ne m’attendais pas à voir autant de monde pour un mois de novembre. D’accord, il y a des files et les magasins limitent le nombre de personnes à l’intérieur, mais ça reste que beaucoup de gens ne font pas attention à la distanciation physique », confie Liz Castro, qui cherchait dimanche des bottes d’hiver pour son fils au Carrefour Laval, en banlieue de Montréal. « Je ne veux pas imaginer comment ça sera à l’approche de Noël. Les cadeaux, ce sera en ligne pour nous cette année », poursuit cette mère de famille, qui évite le plus possible les bains de foule de peur de contracter la COVID-19.

Croisée quelques mètres plus loin, en file devant le magasin Lululemon, Anjie indique pour sa part ne pas être « étonnée », ni même « impressionnée » par le nombre de personnes autour d’elle. « Tout est fermé en ce moment, il fait froid dehors, les gens n’ont que ça à faire comme activité. Ça reste raisonnable quand même, j’ai connu des années bien pires dans les magasins au moment des Fêtes », estime-t-elle.

Lors du passage du Devoir dans le centre commercial dimanche après-midi, le magasinage allait bon train et des files d’attente s’étaient formées devant certaines boutiques. On était toutefois loin de l’attente vécue lors de la réouverture des magasins au printemps dernier puisque, en 5 à 10 minutes, les clients se retrouvaient déjà à l’intérieur.

Malgré la formation de files, la taille des allées permettait de respecter la distanciation physique sans trop de difficulté, et chacun portait son masque. Des employés postés devant chaque entrée du centre commercial contrôlaient d’ailleurs les va-et-vient des clients pour justement limiter l’achalandage dans les espaces communs.

Lèche-vitrines, sortie du dimanche, retour d’achats : les clients rencontrés magasinaient pour des raisons diverses et variées. Une majorité d’entre eux ont toutefois confirmé avoir déjà commencé leurs achats de Noël. Signe que le message du directeur national de santé publique, Horacio Arruda — qui a recommandé aux Québécois jeudi de commencer leurs achats plus tôt pour éviter la cohue de dernières minutes —, a été pris au sérieux.

« On a eu beaucoup plus de monde toute cette semaine, on sent que les gens commencent à acheter les cadeaux de Noël. Et ça va continuer d’augmenter dans les prochaines semaines. On a prévu des employés supplémentaires pour y faire face », explique une employée du magasin Simons. « Ça reste toujours vraiment moins que d’ordinaire, lorsqu’on ne vit pas une pandémie. Je pense que beaucoup de gens vont acheter sur Internet cette année », ajoute-t-elle.

Je ne veux pas imaginer comment ça sera à l’approche de Noël. Les cadeaux, ce sera en ligne pour nous cette année.

 

Une opinion partagée par plusieurs employés d’autres enseignes à qui Le Devoir a parlé. « C’est certain qu’on avait plus de clients en novembre les autres années. Mais ça reste un bon trafic pour une période de pandémie. On voit de plus en plus de gens les samedis. Surtout depuis que les stationnements sont gratuits au centre-ville ; on voit davantage de familles ou de petits groupes d’amis en magasin », explique une employée du Sephora du Centre Eaton, à Montréal. Lors du passage du Devoir en début d’après-midi, seuls quelques clients circulaient dans les rayons du magasin. À peine une heure plus tard, une file extérieure s’était formée et une employée devait contrôler les entrées et les sorties pour limiter le nombre de personnes dans la boutique.

On était toutefois loin de l’achalandage observé au Carrefour Laval. Plusieurs magasins étaient quasi vides et seuls quelques-uns devaient gérer une file d’attente devant leur boutique. La veille pourtant, des médias avaient rapporté que le centre commercial grouillait de monde.

Risque d’éclosion

Une situation qui était loin de déplaire à Manon Harvey, qui cherchait activement les cadeaux de Noël « parfaits » pour ses petites-filles. « D’habitude, je suis vraiment dernière minute, ça ne me dérange pas de faire ça entourée de plein de monde. Mais cette année, je me suis dit que je n’allais pas prendre de risque, je ne veux pas être stressée à cause de la COVID-19. Alors, je m’y prends d’avance », confie la dame dans la soixantaine.

Jusqu’ici, les magasins et les centres commerciaux ne représentent pas un risque important d’éclosion de COVID-19, contrairement aux écoles ou aux lieux de travail par exemple, a indiqué le premier ministre du Québec, François Legault, lors d’un point de jeudi dernier. Le D Arruda a ajouté que la Santé publique collaborait avec les propriétaires des grands centres pour « augmenter les mesures d’hygiène, créer des corridors et éviter les files d’attente où on est tous collés les uns sur les autres ».

« L’information importante, c’est la qualité de la ventilation du centre commercial pour éviter, si une personne est malade, une densité trop grande du virus dans l’air, au point de contaminer les personnes à côté », explique en entrevue Caroline Quach-Thanh, pédiatre et microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Mais elle ne s’inquiète pas outre mesure, estimant que la plupart de ces établissements ont une bonne ventilation, qui est conçue pour fonctionner même avec un grand achalandage.

Et si tout le monde porte un masque et qu’on limite le nombre de personnes à l’intérieur, cela ne devrait donc pas être un problème, selon elle. « Il faut juste qu’on évite la cohue. »

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