Un programme pilote de dépistage de la COVID-19 à l’essai à l’aéroport de Calgary

<p>Pour le moment, un peu plus de 4000 voyageurs ont déjà participé au programme, entre le 2 et le 16 novembre.</p>
Photo: Hélène Lequitte Le Devoir

Pour le moment, un peu plus de 4000 voyageurs ont déjà participé au programme, entre le 2 et le 16 novembre.

Les voyageurs internationaux atterrissant à l’aéroport de Calgary peuvent depuis le 2 novembre dernier passer un test de dépistage de la COVID-19 qui leur permet de voir leur période de confinement passer de 14 jours à seulement 48 heures.

Seuls les citoyens canadiens, les résidents permanents revenant au pays ou bien encore les ressortissants étrangers autorisés à fouler le sol canadien peuvent passer ce test.

Le programme pilote s’adresse aux personnes de quatre ans et plus. Les enfants de moins de quatre ans peuvent y participer, s’ils suivent toutes les autres mesures préventives indiquées par le gouvernement albertain. Les passagers des vols intérieurs à destination de l’Alberta, eux, ne sont pas concernés par ce test.

La démarche

Pour le moment, un peu plus de 4000 voyageurs ont déjà participé au programme, entre le 2 et le 16 novembre.

Pour s’inscrire, il faut remplir, avant son arrivée à la douane, un formulaire d’enregistrement en ligne disponible sur la page du gouvernement de l’Alberta.

Aux douanes, l’Agence des services frontaliers du Canada détermine l’admissibilité de la personne. Chaque voyageur présente alors son numéro d’assuré social du service de santé de l’Alberta, et s’ensuit une vérification des informations personnelles et douanières.

Des agents de l’aéroport affectés à ce programme orientent rapidement les voyageurs vers un corridor où le test se fera sur place, dans un espace réservé à cet effet, masqué par des rideaux noirs et loin des regards indiscrets.

À l’aéroport de Calgary, une passagère de 32 ans, qui souhaite rester anonyme, revenait tout juste d’un voyage de six semaines à Phoenix, en Arizona. « Je préférerais ne pas être en quarantaine pendant 14 jours, je préférerais plutôt trois jours », explique-t-elle. Kristie Schnyder, 45 ans, revenait quant à elle tout juste de la Californie. « C’est si rapide, vous ne devez être mis en quarantaine que pendant deux ou trois jours », corrobore-t-elle.

Cependant, en dépit du test, le site du gouvernement du Canada demande aux voyageurs de rester en Alberta, à titre préventif, pendant au moins 14 jours après leur entrée au pays. Qu’est-ce que cela signifie ?

« Si vous recevez un résultat négatif au test de dépistage de la COVID-19 lors de votre entrée au Canada, vous pourrez quitter votre lieu de quarantaine. Cependant, vous devrez continuer à vous conformer aux autres exigences du programme pendant les 14 premiers jours de votre séjour au Canada, à savoir rester en Alberta », indique le site Canada.ca.

Si, au contraire, le test s’avérait positif, le voyageur en serait personnellement informé par un appel téléphonique.

La pertinence de ce test

Selon le site du gouvernement de l’Alberta, ce projet pilote revêt un double objectif, tout d’abord économique : reprendre les voyages, une étape importante dans la reprise économique de l’Alberta, mais aussi favoriser le plan de relance de Jason Kenney.

« Il s’agit d’une initiative importante pour notre milieu d’affaires. Le fait de pouvoir raccourcir, en toute sécurité, la période de quarantaine des voyageurs qui rentrent au pays permet aux chefs d’entreprise de l’Alberta de poursuivre leurs activités commerciales durant cette période sans précédent », déclare Doug Schweitzer, ministre de l’Emploi, de l’Économie et de l’Innovation du gouvernement de l’Alberta.

L’autre point concerne l’aspect sanitaire. Il consiste à recueillir « des informations essentielles qui garantiront que les changements apportés aux mesures de santé publique s’appuient sur des preuves scientifiques solides », peut-on lire sur le site gouvernemental. Dernièrement, l’Alberta a annoncé une série de nouvelles restrictions sanitaires dans la province, mais pas de confinement.

Ce projet pilote, Joseph Vipond, médecin urgentiste à l’hôpital général de Rockyview à Calgary et fondateur du groupe Masks4Canada, un groupe de médecins et de citoyens qui travaillent sur les politiques de la COVID-19 dans la province, y voit un intérêt certain. « C’est évident qu’on ne peut pas avoir des restrictions pour toujours », déclare-t-il.

Cependant, il pense que ce type de programme serait plus efficace s’il était implanté dans une région qui présente moins de cas, pour mieux voir l’évolution et prendre des mesures sanitaires plus tôt que tard. « Quand on a presque zéro cas de COVID dans une région, on ne veut pas avoir la possibilité d’importer la COVID de nouveau. On veut préserver la bulle, comme la bulle atlantique du Canada », explique-t-il. C’est en effet le cas des provinces maritimes, qu’il prend comme exemple, qui ont adopté une politique rigoureuse à ce sujet.

En date du 18 novembre, l’Alberta comptait au total 40 962 cas de COVID-19 (soit 10 068 cas actifs, 30 462 cas rétablis et 432 morts), contre 1154 cas en Nouvelle-Écosse.

Si l’Alberta est pour le moment la seule province à pouvoir bénéficier de ce programme, Zoe Cooper, assistante aux communications du ministère de la Santé, a indiqué qu’en fonction de l’évaluation du projet pilote, le programme pourrait être étendu à d’autres régions du Canada.

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