Nier le racisme systémique «fait partie du problème», disent les Attikameks

Un homme rend hommage à la mémoire de Joyce Echaquan devant le Centre hospitalier de Lanaudière.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Un homme rend hommage à la mémoire de Joyce Echaquan devant le Centre hospitalier de Lanaudière.

Quatre jours après le décès d’une jeune femme attikamek au Centre hospitalier de Lanaudière, des voix s’élèvent pour condamner les propos du maire de Joliette, qui n’entend pas mettre la question du racisme à l’ordre du jour de son hôtel de ville.

« On peut peut-être réfléchir [aux questions de racisme], mais de là à dire qu’il y a un problème, moi je ne vois pas de problème majeur qui me saute aux yeux », a déclaré le maire Alain Beaudry au Devoir mercredi, non sans souligner que la mort de Joyce Echaquan était « déplorable ».

« Le fait de nier que ça existe fait certainement partie du problème », a réagi le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, lors d’un entretien avec Le Devoir. « Tous les jours nos gens vivent des situations qui ont rapport au racisme. »

Le chef a donné l’exemple de jeunes attikameks qui choisissent d’aller à l’école à Trois-Rivières, plutôt qu’à Joliette, parce qu’aucun propriétaire ne souhaite leur louer de logements. Il a aussi parlé d’un tournoi de hockey qu’il a dû déménager vers Trois-Rivières, faute d’appuis des milieux d’affaires de Joliette.

« Pour nous, c’était des occasions de rapprochements avec le milieu. Ça a été très difficile », a-t-il affirmé.

La députée de Joliette, Véronique Hivon, a elle aussi dit avoir été mise au courant de gestes racistes qui se sont produits à Joliette, où vivent environ 400 Attikamek de Manawan.

« Comme députée de Joliette, on m’a rapporté des expériences très difficiles à différents égards. Et donc je pense que, oui, on doit travailler très fortement là-dessus chez nous et partout au Québec », a-t-elle dit lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale. « Et je trouve ça bouleversant que ça ait pris ce qu’on a vécu lundi soir — le décès atroce, dans des circonstances indescriptibles, de Mme Echaquan — pour qu’il y ait ce réveil-là. »