Hausse de 25% des plaintes au commissaire aux langues officielles

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, a enregistré 1361 plaintes recevables pour l’année 2019-2020. Il s’agit d’un bond de 25 % par rapport à l’année précédente.

C’est ce qui ressort de son rapport annuel publié mardi, qui couvre la période du 1er avril 2019 au 31 mars 2020. Le dépôt du document a été retardé en raison de la pandémie de COVID-19.

Plus de la moitié des plaintes (731) sont en lien avec les communications avec le public et la prestation des services, alors que près du tiers (420) concernent les exigences linguistiques des postes. Il y a eu 172 plaintes au sujet de la langue de travail.

Environ la moitié des incidents se sont déroulés dans la région d’Ottawa-Gatineau.

Selon le rapport, il y a eu une « augmentation considérable » du nombre de plaintes en lien avec les langues officielles dans les débats et les travaux du Parlement, mais aussi pour l’embauche de personnel sur la colline parlementaire.

Le commissaire Théberge rapporte aussi avoir reçu 123 plaintes recevables dans le cadre des élections fédérales de 2019. Cela représente un nombre record de plaintes et représente près de cinq fois le nombre de plaintes reçues durant l’élection fédérale de 2015.

Plus de 80 % des plaintes de la part des électeurs portaient sur le manque de services dans la langue officielle de leur choix. Les 20 % restants portaient sur le service téléphonique, la langue de formation des employés ou la langue d’affichage.

La majorité (70 %) des plaignants en lien avec les élections fédérales provenaient de l’Ontario, surtout dans l’Est de l’Ontario et dans la région du Grand Toronto.

Dans l’ensemble, le commissaire Théberge se réjouit qu’au moins 80 % de toutes les plaintes traitées aient mené à des « résultats concrets pour les plaignants ».

Crise sanitaire

Les langues officielles ont aussi été malmenées dans le cadre de la crise sanitaire qui secoue le pays.

Le commissaire Théberge note dans son rapport que certaines institutions ont eu du mal à offrir leurs services en anglais et en français et que c’est apparu « de manière criante » dans le cadre de la pandémie depuis l’hiver 2020.

Il rappelle qu’il est « d’autant plus crucial » que le gouvernement fédéral communique des renseignements essentiels dans les deux langues officielles en temps de crise.

Santé Canada avait notamment fait des exemptions en matière d’étiquetage bilingue, au printemps, pour certains produits sanitaires très en demande comme les désinfectants, les produits nettoyants et les savons pour les mains et pour le corps.

Plusieurs produits avec un étiquetage uniquement en anglais s’étaient alors retrouvés dans les magasins et les lieux de travail.

Devant la levée de boucliers des francophones, Santé Canada avait fini par mettre des mesures intérimaires en place avant d’exiger de nouveau le bilinguisme sur les produits.

Le commissaire Théberge écrit dans son rapport qu’il aura « l’occasion de revenir prochainement sur la gestion de la crise sanitaire de la COVID-19 par les autorités de la santé publique ».

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