Ça ressemblera à quoi, 2050?

Catherine Martellini Collaboration spéciale
Toi, au fait, comment tu l’imagines le monde dans 30 ans?
Illustration: Bach Toi, au fait, comment tu l’imagines le monde dans 30 ans?

Ce texte fait partie du cahier spécial Le Petit D

En 2050, tu auras 40 ans. Ou presque. Ou légèrement plus. Tu auras sans doute un travail, peut-être une famille, si c’est ce que tu souhaites. Tu mèneras plein de projets, tu voyageras dans le monde entier, et pourquoi pas dans l’espace aussi… Ou, au contraire, tu auras adopté un mode de vie plus lent, fait de petits moments de bonheurs simples et partagés. Peut-être aussi que ça ne sera rien de tout ça. En 2050, tu auras 40 ans et le monde ressemblera à ce que ta génération aura envie d’en faire. Mais toi, au fait, comment tu l’imagines, le monde, dans 30 ans ? Le Petit D est allé poser la question à quelques-uns de ses jeunes lecteurs.


 

Et si même le soccer devenait intelligent ?

Ulysse en est certain, les technologies feront évoluer tous les domaines, des techniques d’art qui seront bouleversées jusqu’au sport, en passant par la médecine.

« On pourra, par exemple, découvrir une nouvelle forme d’art : ça ne sera pas de la peinture ou quelque chose qu’on connaît déjà », imagine-t-il, particulièrement intéressé puisqu’il a choisi l’option art de son école secondaire.

Illustration: Bach

De plus, dans son année 2050 à lui, certains sports auront disparu et denouveaux seront apparus. Ou alors, ce sera un sport que l’on connaît déjà, mais dans une version améliorée. « Le soccer pourrait toujours exister, mais il évoluerait différemment, avec l’ajout de souliers intelligents ou toute autre technologie qui pousserait le jeu plus loin », illustre-t-il.

Et plus besoin de faire la vaisselle… à moins que ce ne soit ta passion ! Les tâches ménagères ne seront pas obligatoirement remplacées par des robots, mais ceux-ci existeront. « On aura donc le choix de les utiliser ou non ! »

Ulysse, 12 ans, Montréal


  

Le grand retour du troc

Ce qui la rend triste, Aglaé, de nos jours, ce sont les inégalités et le fait que des gens doivent payer pour des besoins nécessaires à leur survie, comme des vêtements de base et de la nourriture. Elle souhaite donc que la « hiérarchie économique » tombe complètement.

« On devrait plutôt revenir à un système de troc », dit l’adolescente.

Aussi, ce qu’elle voudrait, c’est que le travail ne soit plus essentiel, qu’il ne soit pas effectué uniquement pour obtenir une rémunération. « Je voudrais que les gens travaillent seulement s’ils aiment ce qu’ils font. »

Aglaé, 14 ans, Montréal


  

Usines, hors de notre vue !

La pollution émise par les usines pourrait bien être enrayée dans les 30 prochaines années, croit quant à lui Lucas. Dans son monde, les usines seront en effet enfouies sous la terre.

« Leurs cheminées sortiront du sol et la fumée aboutira dans un conteneur qui la transformera en air pur à la surface », imagine-t-il.

Illustration: Bach

Il pense aussi que, lorsqu’il aura 41 ans, il se rendra au travail en voiture volante, laquelle fonctionnera non pas avec de l’essence, mais avec de l’oxygène. Les roues n’auront pas non plus la même utilité. N’ayant plus besoin de rouler, elles seront fixées à l’horizontale pour assurer un atterrissage plus facile.

Lucas, 11 ans, Sorel-Tracy


  

La vie en vert

Émile, lui, voit l’avenir plutôt vert. Par exemple, toutes les autos seront devenues électriques. « Il y aura aussi de nouveaux moyens de transport, comme les Hyperloops, des trains à très, très grande vitesse. »

Illustration: Bach

Son monde de 2050 produira par ailleurs moins de déchets. « Le problème avec l’environnement sera à moitié réglé, croit-il. La pollution qui est déjà là sera toujours présente,mais on trouvera des moyens de moins polluer à l’aide de techniques comme le prototype qui permet de ramasser le plastique dans l’eau, de faire diminuer une partie du continent de plastique et de tuer les araignées qui y habitent et qui nuisent aussi à l’environnement. »

Émile, 11 ans, Montréal


  

Encore plus d’écrans

Clémence estime qu’on aura mieux pris en main le réchauffement climatique, parce que la population se sera enfin rendu compte que la situation est grave. « Ça ne veut pas dire que l’environnement se sera amélioré, mais on va trouver des manières pour ne pas qu’il se détériore plus et pour réduire notre impact sur la planète », affirme-t-elle.

Elle pense aussi que les gens seront encore plus rivés à leurs écrans, parce que cela leur évitera de se déplacer. « On pourra tout faire sur les écrans, par exemple lire ou faire son épicerie. Mais on passera aussi plus de temps en personne avec les gens qu’on aime,même si, en raison des longues distances à parcourir pour se voir, on utilisera tout de même plus nos écrans pour entretenir nos relations. »

 

Clémence, 11 ans, Gatineau


  

Tu rêves ou quoi ?

Entre tes désirs et la réalité, il peut parfois y avoir un gouffre. Pour le vérifier, ton Petit D a demandé à plusieurs experts leurs prédictions pour 2050.


  

Y a plus d’saisons !

Si déjà tu as trouvé qu’il avait fait un peu chaud cet été au Québec, attends-toi à avoir encore plus chaud en 2050.On en est certain désormais, les changements climatiques vont entraîner des hausses des températures, et ici encore plus qu’ailleurs, explique le climatologue Philippe Gachon.

En hiver, il y aura plus de fluctuations de température, ce qui signifie qu’il sera plus difficile de garder les patinoires extérieures en bon état durant toute la saison. Il y aura surtout souvent des inondations au printemps et même pendant l’hiver, lors des périodes de dégel ! Il faudra aussi faire plus attention avant de s’aventurer sur les lacs et les rivières gelées, car la glace pourrait bien être moins épaisse que de nos jours. Quant aux étés, ils seront plus intenses avec alternance d’excès de pluies et de grandes sécheresses. Attention aux feux de forêt quand tu iras te promener dans les parcs !


  

Télétravail, mais pas pour tout le monde !

Tes parents travaillent beaucoup plus de la maison depuis plusieurs mois et tu trouves que c’est l’fun de travailler « en mou », avec pour simple poste de travail un canapé et un ordinateur ? En 2050, il est bien possible que certains d’entre vous puissent en effet travailler ainsi depuis la maison, au moins une partie de la semaine. Mais ça ne veut pas dire que vous sereztous derrière vos écrans à n’avoir que des réunions et des rencontres virtuelles avec vos collègues de bureau, affirme la sociologue Julia Posca.

D’ailleurs, comme tu as pu le constater pendant le confinement, certaines personnes ont continué à se rendre à leur travail, comme ceux qui ont un métier jugé « essentiel » par exemple, et il y a de grandes chances que ce soit pareil dans 30 ans. Imagines-tu une infirmière ou un médecin ausculter un patient sans jamais le voir en chair et en os ?

À toi donc de bien choisir ton métier, en fonction de ce que tu préfères : rester plus souvent dans le confort de ton chez-toi ou au contraire voir du monde le plus souvent possible ?


    

Et l’école de tes enfants, elle sera comment ?

Tu demandes souvent à tes parents et à tes grands-parents à quoi ressemblait leur école. Mais t’es-tu déjà demandé à quoi ressemblera l’école de tes propres enfants ? Isabelle Sénécal, c’est son métier d’imaginer la pédagogie de demain. Eh bien, selon elle, l’école sera plus flexible et personnalisée selon le profil et les difficultés de chacun. Si toi tu seras peut-être souvent à la maison pour travailler, attends-toi à y voir aussi parfois tes enfants ! La technologie permettra en effet des périodes de travail plus individuelles, adaptées au rythme de chacun… et susceptibles d’être effectuées à distance.

Quoi qu’il en soit, soutient Isabelle Sénécal, impossible d’imaginer un enseignement complètement en ligne. Il y aura encore des écoles, au moins pour développer les compétences plus globales et durables de collaboration, de création et de communication de tes enfants… et te permettre à toi de souffler un peu !


  

Dans la peau de la Joconde…

Là où il devrait y avoir pas mal de changements dans les 30 prochaines années, c’est bien dans le domaine des technologies et du divertissement. Les deux seront d’ailleurs très liés. Catalina Briceño observe l’impact de la transformation numérique depuis plusieurs années et elle en est certaine : la prochaine révolution sera celle du corps..

Ça veut dire quoi, ça ? Que grâce à des capteurs, les œuvres pourront par exemple venir toucher tous vos sens à la fois. Ainsi, si tu as trop l’impression d’être un simple spectateur quand tu regardes un film, un spectacle ou quand tu te rends au musée, ce ne sera plus le cas quand tu auras 40 ans. Un peu comme ce qui se passe déjà aujourd’hui dans le jeu vidéo avec des événements organisés autour de Fortnite ou de Minecraft. Le spectateur fera de plus en plus partie de l’œuvre et la fera évoluer.

Et si tu te sens une âme d’artiste et que tu aimerais évoluer dans ce milieu à l’âge adulte… sache qu’il y aura de la compétition ! Mme Briceño prédit que de plus en plus d’œuvres émaneront de non-humains. Rien de plus normal en 2050, par exemple, que d’assister au concert d’un orchestre symphonique dont l’un des membres ne serait autre qu’un robot doté d’une intelligence artificielle capable de créer des œuvres inédites…

Plongée en eaux chaudes

Tu n’es pas le seul à te projeter dans le monde de 2050. Huit étudiants en communication, en art graphique et en environnement se sont eux aussi prêtés à ce jeu. Grâce au soutien de l’Office national du film (ONF), leur imagination futuriste a été transposée dans un récit interactif à visionner sur ton cellulaire ou celui de tes parents. Bulle — c’est le nom de leur oeuvre — te transporte à Montréal dans un monde plus chaud de 2 °C et où rien n’a été fait pour empêcher les changements climatiques. Ta seule solution pour survivre ? Mettre ta tête dans une bulle et en prendre bien soin, plongé que tu es dans cet univers hostile où différents scénarios catastrophiques te sont proposés. Ça ne dure que cinq minutes, mais c’est certain que tu auras envie ensuite d’en discuter avec tes amis, ton enseignant ou tes parents.