Le courrier sera-t-il plus efficace que le téléphone pour contacter les cas confirmés?

La Santé publique de Montréal utilisera le courrier pour accélérer la mise en quarantaine des personnes ayant reçu un test positif à la COVID-19 ainsi que le processus d’identification des personnes avec lesquelles elles ont été en contact.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La Santé publique de Montréal utilisera le courrier pour accélérer la mise en quarantaine des personnes ayant reçu un test positif à la COVID-19 ainsi que le processus d’identification des personnes avec lesquelles elles ont été en contact.

Devant le faible taux de réponse à ses appels téléphoniques, la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal a changé son fusil d’épaule depuis mardi matin et contacte par courrier postal rapide tous les cas déclarés positifs. L’envoi de textos est aussi envisagé.

C’est du moins ce qu’a indiqué mardi la Dre Catherine Habel, médecin responsable des urgences sanitaires et des maladies infectieuses à la DSP de la métropole.

La lettre presse les personnes déclarées positives à s’isoler, à joindre sans délai la santé publique, et à contacter elles-mêmes immédiatement leurs contacts des dernières 48 heures. Avant, la DSP joignait ces personnes par téléphone, et plusieurs tentatives étaient nécessaires avant d’entrer en contact.

« Depuis aujourd’hui, on contacte les gens par courrier. La lettre stipule les recommandations de santé à mettre en place sans tarder. Pour l’instant, ça semble marcher. La ligne ne dérougit pas » a expliqué cette dernière. Il est toutefois encore trop tôt pour voir si, à long terme, cette méthode s’avérera plus efficace que le simple contact téléphonique, dit-elle.

Depuis plusieurs jours, la DSP se heurtait dans son travail de recherche de contacts à une proportion élevée de personnes ne rappelant pas après un premier appel. La directrice de la santé publique, la Dre Mylène Drouin, se disait même exaspérée lundi de voir que 30 % des appels réalisés auprès de 512 personnes par la DSP au cours de la dernière fin de semaine étaient restés sans réponse.

Alors que la transmission est à la hausse, la DSP de Montréal mise sur cette nouvelle procédure pour accélérer la mise en isolement rapide des cas positifs et de leurs « contacts ». La DSP continuera en parallèle son travail d’enquête téléphonique auprès des cas positifs et déterminera quels sont les contacts étroits à risque d’avoir été infectés, signale toutefois la Dre Habel.

« Souvent, les gens ont déjà reçu le résultat de leur test de dépistage quand on les appelle. Là, on vise à isoler plus rapidement leurs contacts », dit-elle.

Dans la mesure où la moitié des derniers cas d’infections ont été recensés chez les 18 à 35 ans, la DSP envisage aussi de contacter les personnes déclarées positives par texto. « On réfléchit à des alternatives, car bien des gens ne regardent pas leur messagerie vocale. Pour arrêter la chaîne de transmission, la rapidité est importante », ajoute la Dre Habel.

Alors que la métropole, encore en zone jaune la semaine dernière, estimait la transmission « sous contrôle », en trois jours, le nombre de cas a bondi, passant de 181 cas vendredi à 219 dimanche. De ce nombre, environ la moitié étaient recensés chez des jeunes de 18 à 35 ans, aux dires de la Dre Drouin.

Selon ce médecin, les gens doivent clairement se remettre en mode « pandémie » et diminuer leurs contacts. La semaine dernière, ce nombre de contacts oscillait autour de 80 par cas positifs — comparativement à 10 avant l’été, ajoutant au fardeau des équipes d’enquêteurs. Malgré tout, la DSP de Montréal n’envisage pas pour le moment de recommander à la population le téléchargement d’applications de recherche de contacts.