Une Québécoise accusée de menace de mort contre Trump

Pascale Ferrier
Photo: Associated Press Pascale Ferrier

Pascale Ferrier, cette Québécoise soupçonnée d’être l’auteure de lettres empoisonnées envoyées aux forces de l’ordre américaines ainsi qu’à la Maison-Blanche, a été officiellement accusée de menaces envers le président des États-Unis. Elle conteste cependant être la véritable personne visée par les accusations.

Lors de sa première comparution devant la Cour fédérale du Western District of New York, mardi après-midi, le juge H. Kenneth Schroeder Jr. lui a assigné une avocate du service public. Il a également accepté d’enregistrer qu’elle plaidait non coupable en son nom bien que cela n’était pas nécessaire à cette étape.

La prévenue et son avocate ont ensuite réclamé la tenue d’une enquête préliminaire ainsi que d’une enquête sur son identité. Ce qui laisse croire qu’elle entend contester être la véritable personne visée par le mandat d’arrestation et les accusations déposées à son endroit.

La poursuite et la défense se sont entendues pour suspendre l’audience jusqu’au lundi 28 septembre. Le juge Schroeder entend alors procéder aux deux procédures réclamées et trancher sur la demande de la poursuite afin que l’accusée demeure détenue.

Le procureur Timothy Lynch réclame le maintien en détention de l’accusée en raison de la nature grave du crime reproché ainsi que du risque jugé élevé qu’elle quitte les États-Unis.

« Retirez votre candidature »

« Abandonnez et retirez votre candidature », a écrit dans sa lettre au président américain Donald Trump Pascale Ferrier, la Québécoise soupçonnée d’avoir envoyé une lettre contenant de la ricine à la Maison-Blanche.

« J’ai donc préparé un “cadeau spécial” pour que vous preniez cette décision. Ce cadeau est dans cette enveloppe. Si ça ne fonctionne pas, je trouverai une meilleure recette pour un autre poison, ou je pourrais utiliser mon arme quand je pourrai venir », ajoute-t-elle.

Le contenu du document est révélé dans une déclaration sous serment rédigée par l’agent spécial Jonathan Preston de la police fédérale américaine (FBI). Il dit croire que la Québécoise âgée de 53 ans a « sciemment et délibérément » menacé de tuer le président des États-Unis et de lui infliger des blessures.

L’agent Preston raconte que vendredi, vers 9 h, les services secrets américains ont informé le bureau de Washington du FBI qu’ils avaient intercepté au centre de tri de la Maison-Blanche une lettre en provenance du Canada et destinée au président Trump qui contenait une substance blanche et poudreuse.

Des tests ont révélé qu’il s’agit de ricine, une protéine de plante extrêmement toxique pouvant causer la mort et qui n’a pas d’antidote connu.

Six autres lettres similaires ont été interceptées au Texas le mardi 15 et le mercredi 16 septembre, a précisé l’agent Preston. Elles provenaient également du Canada et étaient destinées à des personnes travaillant dans des pénitenciers de l’État.

Le vocabulaire employé dans ces autres lettres était similaire à celui contenu dans celle envoyée au président Trump. Elles étaient destinées « à des personnes affiliées à des établissements dans lesquels l’accusée avait été hébergée pendant son incarcération au Texas en 2019 ».

Dans sa déclaration, l’agent Preston indique que les policiers ont relevé les empreintes digitales de Pascale Ferrier sur plusieurs lettres et que la femme a utilisé le mot-clic #KillTrump (Tuer Trump) sur les réseaux sociaux.

Lorsqu’elle a tenté d’entrer aux États-Unis par le poste frontalier de Buffalo, dans l’État de New York, dimanche, la femme aurait déclaré aux douaniers qu’elle était recherchée par le FBI pour des lettres contenant de la ricine.

Elle était en possession d’une arme à feu chargée dans sa ceinture ainsi que d’un couteau.

La Gendarmerie royale du Canada a mené lundi une opération majeure à la demande du FBI pour perquisitionner un immeuble à logements de l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

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