Le Mouvement laïque demande l’aide financière du public pour appuyer la loi 21

Le Mouvement laïque québécois veut que la loi sur la laïcité de l'État soit maintenue et appuie le gouvernement québécois qui la défendra en cour.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Mouvement laïque québécois veut que la loi sur la laïcité de l'État soit maintenue et appuie le gouvernement québécois qui la défendra en cour.

Pour ne pas devoir se battre devant les tribunaux « à armes inégales », le Mouvement laïque québécois demande le soutien du public pour l’aider à financer son appui à la Loi sur la laïcité de l’État.

Il interpelle les citoyens en faisant valoir qu’il est le seul organisme à représenter les droits des élèves dans cette cause.

Cette loi — que beaucoup appellent la « loi 21 » — a été adoptée en juin 2019 par l’Assemblée nationale.

Elle interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions, dont les policiers et les procureurs de la Couronne, ainsi qu’aux enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire.

Cette loi est contestée devant les tribunaux par plusieurs groupes qui souhaitent qu’elle soit invalidée, la jugeant discriminatoire envers les minorités religieuses, dont les femmes musulmanes, qui seraient particulièrement visées par la loi.

Le Mouvement laïque québécois (MLQ), lui, veut qu’elle soit maintenue et appuie le gouvernement québécois qui la défendra en cour. Le MLQ a obtenu le statut « d’intervenant », ce qui l’autorise à faire valoir ses arguments lors du procès.

Sauf que cet organisme sans but lucratif se sent plutôt seul devant l’armée d’avocats des contestataires. Il y a 18 opposants à la Loi sur la laïcité de l’État, dont 11 organismes, fait-il valoir.

« Ils sont représentés par une quinzaine d’avocats, qui feront intervenir huit experts. Et ils sont financés par des fonds publics et privés », a expliqué la présidente du MLQ, Lucie Jobin, lors d’une conférence de presse tenue sur les marches du palais de justice de Montréal, lundi matin.

« Nous devons combattre à armes inégales sur tous les fronts. »

Parmi ces contestataires se trouvent la Commission scolaire English Montreal (CSEM) et la Commission canadienne des droits de la personne dont les interventions sont financées par des fonds publics, avancent-ils.

Le MLQ a bien tenté d’obtenir du financement public par les programmes de contestation judiciaire du provincial et du fédéral, mais a essuyé deux refus, a expliqué Mme Jobin. C’est pourquoi l’organisme sollicite l’aide du public sur le site « je donne21 ».

L’objectif de la campagne est de 200 000 $ pour l’instant, bien que les besoins pourraient être plus grands si la cause se rend en Cour d’appel et en Cour suprême, souligne le MLQ.

L’intervention de l’organisme vise à défendre « le droit fondamental des parents d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants sans interférence de l’État, un droit garanti par la Charte québécoise des droits et libertés », soutient-il.

« Le MLQ fera donc entendre des parents venir expliquer au tribunal pourquoi ils s’opposent au port de signes religieux au primaire et au secondaire pour assurer à leurs enfants une éducation conformément à leurs convictions plutôt qu’à celles des enseignants », a expliqué lors du point de presse l’un des avocats du MLQ, Me Luc Alarie.

Sans l’intervention du MLQ, les parents seraient complètement absents du débat, ajoute-t-il.

La cause sera entendue à Montréal dès le 2 novembre et doit durer cinq semaines.

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