L’enfance est en crise au Canada, indiquent deux rapports

C’est en matière de réduction de la pauvreté des enfants et du nombre de jeunes exclus des systèmes d’éducation, du marché de l’emploi et de la formation que le Canada a fait le plus de progrès, même s’il y a encore de grandes disparités.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir C’est en matière de réduction de la pauvreté des enfants et du nombre de jeunes exclus des systèmes d’éducation, du marché de l’emploi et de la formation que le Canada a fait le plus de progrès, même s’il y a encore de grandes disparités.

Un rapport publié mercredi par l’UNICEF affirme qu’avant même l’éclatement de la pandémie de COVID-19, l’enfance était en crise au Canada et que la situation sanitaire provoque une détérioration de ses droits à l’échelle mondiale.

Le bilan dévoilé par le Fonds des Nations unies pour l’enfance, qui évalue la situation des enfants et des jeunes âgés de moins de 18 ans dans les pays riches, a classé le Canada à la 30e place sur 38 pays.

Ce piètre classement du Canada est notamment fondé sur des indicateurs de santé mentale et de sentiment de bien-être (31e place), de survie et de santé physique (30e place), et de réussite scolaire et de développement de compétences (18e place).

Le rapport souligne que le Canada se classe particulièrement mal par rapport aux autres pays riches à cause de son taux de mortalité infantile de 0,98 décès pour 1000 naissances, du faible degré de satisfaction des enfants à l’égard de la vie, ainsi que des problèmes de surpoids ou d’obésité.

Le Canada affiche l’un des taux les plus élevés de suicide chez les adolescents : il se classe au 35e rang sur 38 pays dans cette catégorie.

En revanche, c’est en matière de réduction de la pauvreté des enfants et du nombre de jeunes exclus des systèmes d’éducation, du marché de l’emploi et de la formation que le Canada a fait le plus de progrès, même s’il y a encore de grandes disparités. Par exemple, près d’un enfant canadien sur cinq vit dans la pauvreté, ce qui place le pays au 26e rang.

Le président et chef de la direction d’UNICEF Canada, David Morley, signale qu’au Canada, les enfants sont aux antipodes les uns des autres en raison d’importantes inégalités, et aussi aux antipodes des enfants les plus heureux et en meilleure santé des pays riches.

À propos de la pandémie de COVID-19, le rapport de l’UNICEF observe que la chute du produit intérieur brut (PIB), les conséquences des politiques de confinement et les effets de la pandémie sur les systèmes scolaires et de santé pourraient provoquer une crise mondiale des droits de l’enfant.

Entre-temps, un autre rapport préparé conjointement par l’organisme Les Enfants d’abord Canada et l’Université de Calgary écrit que les 10 pires menaces au développement de l’enfance, qui ont progressé au Canada au cours des 10 dernières années, sont encore pires en période de pandémie.

Elles incluent l’insécurité alimentaire, les maladies mentales, les abus physiques et sexuels, de même que la pauvreté.

Les auteurs des deux rapports demandent à tous les paliers de gouvernement au Canada de mettre en place des politiques concrètes qui amélioreront le bien-être des enfants au pays.

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