Six autres statues déboulonnées ou abîmées au Québec

Le socle de la statue déboulonnée de John A. Macdonald, à Montréal
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le socle de la statue déboulonnée de John A. Macdonald, à Montréal

La déboulonnage de statues est loin d'être un phénomène récent. Voici l'histoire de quatre autres fois où des statues ont été renversées ou décapitées, ainsi que de deux dégradations.


 

1er mai 1775

Photo: Musée McCord Tête du buste de George III jetée dans un puits à Montréal en 1775
Le buste de George III est barbouillé de noir par des manifestants anglophones, sur la place d’Armes, à Montréal. Un collier de pommes de terre est attaché au cou du monarque avec un écriteau sur lequel on peut lire : « Voici le pape du Canada. » Les manifestants expriment ainsi leur opposition à l’Acte de Québec, qui officialise l’usage du droit civil français dans la colonie. Le buste noirci est jeté dans un puits dans le courant de l’année, lors de l’occupation de Montréal par les révolutionnaires américains. Sa tête y est retrouvée en 1834. Elle est aujourd’hui conservée au musée McCord.


29 mars 1963

Photo: BAnQ La colonne du général Wolfe au cœur des plaines d’Abraham à Québec, vers 1900. 
La colonne du général Wolfe, érigée sur les lieux mêmes de son décès, sur les plaines d’Abraham, est abattue par des militants indépendantistes à l’aide d’un câble d’une trentaine de mètres accroché au pare-chocs d’une camionnette. On récupère le casque antique, la couronne de laurier et l’épée de bronze, que l’on réinstalle au sommet du monument reconstruit à l’identique deux ans plus tard.

12 juillet 1963

Photo: BAnQ La statue de la reine Victoria à Québec entre 1904 et 1914
La statue de la reine Victoria, qui orne le parc du même nom, à Québec, est dynamitée par des sympathisants du Front de libération du Québec. La tête et le sceptre de la souveraine sont projetés à une vingtaine de mètres du piédestal. Sa reconstruction est proposée à l’approche du 400 anniversaire de Québec par un ancien conseiller municipal. Le monument est toutefois trop abîmé.

16 novembre 1992

La statue montréalaise de John A. Macdonald est décapitée à l’aide d’une scie à l’occasion du 107e anniversaire de la pendaison de Louis Riel. Le sigle FLQ est peint sur les quatre faces du socle tandis qu’un communiqué de la cellule Gabriel Dumont est envoyé aux médias par télécopieur pour revendiquer le geste. Le monument avait été la cible des bombes du FLQ en 1963 et en 1968. Les deux engins avaient toutefois été récupérés par la police avant leur explosion.

19 août 1997

Photo: Archives La Presse canadienne La statue du général de Gaulle, à Québec, aspergée de peinture rouge en 1997
Le monument au général de Gaulle, situé aux abords de Grande-Allée, à Québec, est aspergé de peinture rouge un mois après son inauguration. La couleur écarlate fait référence au sang des Canadiens versé lors du raid de Dieppe contre les lignes allemandes en 1942. « Tu peux bien rougir vieux bâtard », lit-on sur un écriteau placé au pied du monument. La silhouette longiforme du général est éclaboussée de nouveau l’année suivante.

26 juin 2020

Photo: Wikimedia commons Le monument à Dollard des Ormeaux, au parc La Fontaine
Le monument à Dollard des Ormeaux, à Montréal, est recouvert du mot « Assacin » [sic] inscrit en lettres rouges. Le graffiti est revendiqué par l’auteur d’un communiqué anonyme qui présente le personnage comme un « symbole anti-Autochtone ». Il s’agit du deuxième graffiti du genre en moins de quatre ans pour ce monument du parc La Fontaine.