Les services de garde resteront ouverts en cas de deuxième vague de coronavirus

Très peu d'enfants ont été touchés par la COVID-19 dans les services de garde, révèlent les statistiques compilées par le ministère de la Famille depuis la mi-mars. 
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Très peu d'enfants ont été touchés par la COVID-19 dans les services de garde, révèlent les statistiques compilées par le ministère de la Famille depuis la mi-mars. 

Les garderies et CPE resteront ouverts même si une deuxième vague de COVID-19 frappe le Québec dans les prochains mois, a annoncé jeudi le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

« Nous ne reviendrons pas aux fermetures multiples des premiers mois », a-t-il assuré. Seuls les milieux de garde où des éclosions surviennent pourraient suspendre leurs services. De telles éclosions sont marquées par la transmission du virus à l’intérieur même d’un établissement.

Les restrictions aux déplacements interrégionaux, si elles devaient se produire de nouveau, n’entraîneraient pas la fermeture des services de garde, a aussi attesté le ministre. « Message aux parents : même s’il devait y avoir un reconfinement ciblé, votre enfant va pouvoir continuer de fréquenter son service de garde habituel », a lancé M. Lacombe.

S’il devait y avoir une éclosion dans un service de garde éducatif, l’élu assure que le personnel et les enfants auraient une priorité pour l’accès aux tests de dépistage, ainsi que pour la production du résultat. « C’est une avancée par rapport à la première vague », a-t-il souligné.

 

123 cas et 349 interventions

Très peu d’enfants ont été touchés par la COVID-19 dans les services de garde. Selon les statistiques compilées par le ministère depuis la mi-mars, on compte 123 cas, dont 57 enfants, sur un total de 305 000 places dans le réseau. « C’est marginal », s’est félicité le ministre.

Les mesures sanitaires déjà en vigueur, telles que le port des équipements de protection pour les éducatrices, la restriction de la circulation des parents et les bulles par groupe, resteront en place. Québec estime avoir assez de matériel pour équiper tout le réseau jusqu’au mois de décembre.

Le ministère de la Famille mise sur ses 30 inspecteurs afin qu’ils veillent au respect des consignes sanitaires dans les milieux de garde. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) continuera également de visiter les installations. Entre le 13 mars et le 23 août, la CNESST a effectué 349 interventions en prévention et en contrôle des infections dans les services de garde. Du nombre, 45 étaient des « suivis » de plaintes formulées par des parents ou des employés.

Des nez qui coulent

Autre changement pour la deuxième vague : Québec n’entend plus demander aux services de garde de renvoyer des enfants dont le nez coule à la maison.

« La Santé publique nous dit qu’un nez qui coule n’est pas une raison suffisante pour interdire l’accès aux services de garde. L’enfant pourrait fréquenter le service de garde s’il n’a pas d’autres symptômes », a déclaré Mathieu Lacombe au Devoir.

Le conseiller médical stratégique de la Direction générale de la santé publique, le Dr Richard Massé, a néanmoins précisé qu’il valait mieux ne pas envoyer un enfant malade à la garderie. « La première journée, si vous avez un enfant qui a le nez qui coule et qui ne se sent pas bien, on va demander aux parents de l’observer et de le garder chez eux pour cette journée-là », a-t-il déclaré.

Les frères et sœurs d’un enfant symptomatique en attente d’un résultat de test n’auront pas besoin de se faire dépister s’ils ne sont pas malades, a ajouté le Dr Massé. Si toutefois le résultat était positif, la fratrie ainsi que les parents auront à subir un test de dépistage.

Québec a aussi annoncé la mise en ligne d’un outil d’autoévaluation des symptômes. Le ministre Lacombe a dit y voir un moyen de répondre à une « grande préoccupation » des parents, des éducatrices et des gestionnaires de services de garde, soit la gestion des symptômes.

« On l’avait demandé, d’avoir un outil ou des mesures très claires », a rappelé Marie-Claude Collin, de la Coalition des garderies non subventionnées du Québec. « On appréhende l’automne, avec tous les rhumes, toutes les grippes qu’il va y avoir. »

Elle s’est dite heureuse de pouvoir compter sur cet outil en ligne pour savoir « si c’est la COVID ou un autre virus » lorsqu’un enfant est malade.

La directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, Geneviève Bélisle, a aussi accueilli l’annonce du ministre avec optimisme, car celle-ci apporte davantage de « souplesse » aux milieux de garde. « On fait une avancée. On était dans une gestion assez restrictive des symptômes et ça amenait beaucoup d’exclusions », a-t-elle souligné.

Québec confiant d’éviter une grève des garderies en milieu familial

Interrogé sur les négociations qui achoppent et la menace de grève des services de garde en milieu familial, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a tenté de se faire rassurant et a invité le syndicat à revenir s’asseoir à la table de négociation. « Quand on se parle, on se comprend. Je pense que si les deux parties négocient de bonne foi, on arrivera à trouver une entente qui va satisfaire tout le monde, parce que ce qu’on recherche, c’est d’éviter une grève. » Dans un communiqué de presse diffusé mercredi, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) affirmait plutôt que « le seul et unique responsable du fiasco de ces négociations, c’est le ministre[...]. Il s’entête à vouloir maintenir 10 000 femmes et hommes sous le salaire minimum. » La présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, se disait prête à négocier « jour et nuit pour dénouer l’impasse et éviter les interruptions de service, mais nous ne pouvons accepter des offres appauvrissantes pour nos membres ». Le ministre a également reconnu que plusieurs intervenantes en petite enfance quittent la profession, tel que l’avance le syndicat. Or, il a parlé d’une « tendance » qui date de plusieurs années. « On peut avancer toutes sortes d’hypothèses », a affirmé le ministre, disant développer davantage le réseau en installations.

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