Le comité transpartisan maintient sa confiance envers Juripop

La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest

Le comité transpartisan sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale affirme maintenir sa confiance envers Juripop à la suite de la controverse visant son fondateur et désormais ex-président.

Dans une déclaration transmise aux médias vendredi, les élues qui composent le comité de l’Assemblée nationale disent avoir été « bouleversées et surprises » par les allégations contre Me Cloutier.

Elles disent avoir voulu « éviter à tout prix une crise de confiance envers Juripop » dont le projet pilote a fourni en quelques mois de l’aide « à près de 500 survivants et survivantes d’agressions à caractère sexuel ».

Pour le comité formé de la ministre Isabelle Charest et des députées Isabelle Melançon, Véronique Hivon et Christine Labrie, la réponse à la controverse publiée plus tôt dans la journée a été suffisante pour les convaincre « d’aller de l’avant » avec leur partenariat.

Elles ont salué « la transparence et la capacité d’introspection » de l’organisme.

Dans la foulée de la révélation d’une allégation d’inconduite sexuelle visant Me Marc-Antoine Cloutier, la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, avait convoqué une rencontre du comité d’élues dont le mandat consiste à proposer des pistes des solutions afin pour redonner confiance aux victimes envers le système de justice québécois.

La ministre réclamait des explications au conseil d’administration de Juripop puisque l’organisme a reçu 2,6 millions de dollars du gouvernement du Québec pour créer un projet pilote offrant des conseils juridiques gratuits aux victimes de violences sexuelles.

Juripop s’explique

Dans une lettre adressée au public, Juripop a dit vouloir « rétablir les faits et réaffirmer (son) engagement à créer un endroit sécuritaire » pour les victimes de violences sexuelles cherchant à obtenir du soutien juridique.

Le conseil d’administration de l’organisme affirme qu’il prenait connaissance pour la première fois d’allégations contre son ex-président. Un témoignage accueilli « avec sérieux et diligence », assure-t-on. Les services d’un avocat externe ont dès lors été requis pour donner suite à la révélation.

« À aucun moment dans ce processus le conseil d’administration n’a réitéré sa confiance envers le fondateur », peut-on lire sur la page Facebook de Juripop.

L’organisme tenait aussi à rassurer toutes les personnes ayant bénéficié de ses services que Me Cloutier « n’a jamais piloté le programme pour les personnes victimes et les survivant.es de violences sexuelles ». Il « n’a jamais pris part à des dossiers dans le cadre de ce programme et n’a jamais été en contact avec des personnes victimes ou des survivant.es. »

On insiste sur le fait que l’équipe composée de près de 30 personnes, dont une majorité de femmes, est « dévouée, intègre et professionnelle ». Ces femmes dédient leur carrière pour favoriser l’accès à la justice, plaide l’organisation.

Controverse

La semaine dernière, Me Marc-Antoine Cloutier avait annoncé sa démission tout en niant avoir quoi que ce soit à se reprocher. Il avait expliqué sa décision de se retirer par un souci de « protéger la réputation de Juripop » dont la mission représente « la cause de [sa] vie ».

De son côté, la directrice générale de l’organisme avait soutenu que ce départ était « la seule issue possible » en raison d’une profonde incompatibilité entre ce dont on l’accuse et la mission de Juripop.

Une dénonciation anonyme visant Marc-Antoine Cloutier a été adressée à Juripop à la mi-juillet. Une allégation niée par l’ex-président de l’organisme.

À voir en vidéo