Le déconfinement des prisons du Québec dès le mois d’août

Selon les plus récents chiffres de la santé publique, il n’y a plus de cas actifs de la COVID-19 dans les prisons du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Selon les plus récents chiffres de la santé publique, il n’y a plus de cas actifs de la COVID-19 dans les prisons du Québec.

Le plan de déconfinement dans les établissements carcéraux québécois débutera au mois d’août, mais la reprise des visites en personne n’aura pas lieu avant l’automne. Les détenus en sont privés depuis le mois de mars en raison de la pandémie de COVID-19.

« Tous les vendredis, j’allais voir mon conjoint et ce petit temps-là qu’on avait pour nous deux ça nous “recrinquait” pour la semaine qui suivait et, là, on ne les a pas depuis le 13 mars, alors je dois vous avouer que c’est difficile en tabarouette », a expliqué Nathaly, la conjointe d’un détenu incarcéré à la prison de Saint-Jérôme. Le Devoir a accepté de ne pas publier son nom de famille et le nom de son conjoint parce qu’ils craignent des représailles.

Elle lui parle tous les jours au téléphone et lorsque c’est possible par visioconférence. Elle se réjouit de savoir qu’elle pourra le revoir en chair et en os d’ici quelques mois. « Ça fait une différence d’être capable de voir ton conjoint même si tu n’es pas capable d’y toucher, a-t-elle expliqué. Juste de le voir à travers la vitre, t’as l’impression d’être plus près de lui que juste de lui parler au téléphone. »

Les détenus peuvent seulement recevoir la visite de leur avocat dans les centres de détention québécois depuis le 14 mars. Toutes les autres visites avaient été suspendues jusqu’à nouvel ordre. La Direction générale des services correctionnels du ministère de la Sécurité publique a élaboré un plan pour la reprise graduelle des activités dans les prisons qui prévoit le retour des visiteurs cet automne. « Les dates de reprise pourront cependant varier en fonction des consignes sanitaires des autorités de santé publique en vigueur à ce moment », a indiqué une porte-parole du ministère sans donner davantage de détails sur l’échéancier.

« Le plan est déjà prévu, a indiqué la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, jeudi. Il y a déjà certaines choses qui sont possibles à nouveau, mais le gros du retour des permissions et des activités disons normales va se faire à partir du mois d’août. » Les détenus ont été privés de plusieurs de leurs activités quotidiennes, comme l’accès à la bibliothèque et à leurs classes pour ceux qui suivent des cours, pour limiter la propagation du coronavirus à l’intérieur des établissements carcéraux.

Selon les plus récents chiffres de la santé publique, il n’y a plus de cas actifs de la COVID-19 dans les prisons du Québec. « Avant-hier, il n’y avait qu’une seule personne incarcérée encore qui était un cas positif à Amos, a affirmé Mme Guilbault. Alors, aucun membre du personnel actuellement positif et seulement une personne incarcérée, donc ça va quand même assez bien. »

Au plus fort de la crise, l’Établissement de détention de Montréal, mieux connu sous le nom de Bordeaux, comptait 96 cas d’infection au coronavirus. Robert Langevin, un prévenu de 72 ans qui y était incarcéré a succombé à cette nouvelle maladie.

La police de Québec dotée de nouvelles responsabilités

Le Groupe tactique d’intervention (GTI) du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) pourra désormais intervenir lors de prises d’otage et lors de tueries comme celle survenue à la mosquée de Québec en janvier 2017, une responsabilité qui relevait auparavant de la Sûreté du Québec (SQ). La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en a fait l’annonce jeudi.

 

« Ça nous donne plus d’agilité, plus de proximité, plus d’instantanéité dans la réponse à une situation qui est dramatique pour la personne qui la vit », a-t-elle déclaré en conférence de presse.

 

Le SPVQ tentait d’obtenir cette permission du ministère depuis 10 ans. Lors de la tuerie de la mosquée de Québec, le GTI était en contact avec Alexandre Bissonnette qui avait ouvert le feu sur des fidèles, mais il avait dû être relevé par la SQ par la suite. C’est cet événement malheureux qui a démontré la pertinence d’accorder ces nouvelles responsabilités au SPVQ pour éviter un délai lors d’une intervention lors dans une telle situation d’urgence.


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