Inquiétudes face à un tueur qui écope d’au moins 13 ans de pénitencier

L’homme de 25 ans représente toujours un risque élevé de récidive, selon un rapport présentenciel.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir L’homme de 25 ans représente toujours un risque élevé de récidive, selon un rapport présentenciel.

Un meurtrier a écopé jeudi d’au moins 13 ans d’incarcération pour avoir poignardé son ex-conjointe à 62 reprises. Une audience qui a aussi soulevé les limites du tribunal à pouvoir encadrer sa nouvelle relation avec une déficiente intellectuelle rencontrée sur Internet à l’aide d’un cellulaire obtenu illégalement.

« Je sais que c’est peut-être incompréhensible pour la famille et les amis […] mais je veux vous rappeler que la sentence en est une de perpétuité. Si le Max Aubin d’aujourd’hui est le Max Aubin dans dix ans, il serait surprenant qu’il puisse obtenir sa libération conditionnelle », a souligné la juge Hélène Di Salvo, en rendant sa décision.

Les larmes aux yeux, les proches de Mylène Laliberté ne pouvaient cacher leur déception. La femme de 24 ans a été tuée par Max Aubin, qui n’acceptait pas leur rupture. Le 13 janvier 2017, il s’est rendu chez elle à Saint-Lin-Laurentides dans le but de discuter. Voyant qu’il était sous l’effet de cocaïne, Mylène Laliberté a refusé de le laisser rentrer dans son appartement, mais l’homme a défoncé sa porte. Une fois à l’intérieur, il l’a poignardé à 62 reprises avec deux couteaux avant de repartir avec un ami qui l’attendait dans sa voiture.

« Le crime est horrible, marqué d’une violence inouïe. De gestes violents, gratuits et odieux ont été posés par l’accusé qui ne pouvait accepter la rupture […] il s’agit d’un autre triste cas de violence conjugale et le législateur en fait un facteur aggravant. Trop de femmes sont assassinées par un conjoint abusif incapable d’accepter la rupture », a noté le juge Di Salvo.

L’homme de 25 ans représente toujours un risque élevé de récidive, selon un rapport présentenciel. Même s’il montre des signes d’introspection, la juge a souligné qu’il s’agit « d’une amorce de regrets » et que Max Aubin est surtout mobilisé par la durée de sa sanction, qu’il espère être la plus courte possible. Selon lui, « un homme peut s’améliorer lorsqu’il reçoit de l’aide » et estime que le tribunal devrait lui accorder cette « chance ». « J’en ai eu plein de compagnes avant Mylène, je ne les ai pas toutes tuées », a-t-il notamment fait valoir. L’homme, qui était âgé de 21 ans au moment du crime, a plaidé coupable en décembre dernier à une accusation réduite de meurtre non-prémédité.

Insistant sur la gravité du crime, la juge Di Salvo a retenu la recommandation conjointe de la Couronne et de la défense, qui suggérant que l’homme purge au moins 13 ans de pénitencier avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

La juge a également fait part de ses inquiétudes concernant la nouvelle relation amoureuse de Max Aubin. C’est que même s’il est derrière les barreaux depuis trois ans, l’homme a pu rencontrer sur Internet une jeune femme, qui a une déficience intellectuelle, avec qui il dit être en couple. En janvier dernier, TVA Nouvelles a révélé qu’il possédait illégalement un cellulaire en prison, ce qui lui permettait de communiquer avec elle.

« Cette nouvelle liaison semble exposer une répétition de la même problématique de dépendance […] Sa dépendance affective, son contrôle et la jalousie sont au centre de la relation avec sa compagne actuelle. Si nous ne pouvons pas parler de gestes directs, nous croyons que la tangente que tend à prendre la relation comporte un risque pour la sécurité de la jeune fille qui est préoccupant », a mentionné la magistrate en citant le rapport.

Toujours selon le document, Max Aubin souhaite que les autorités carcérales lui donnent accès rapidement à des contacts directs avec elle.

« Malgré ses inquiétudes et ses préoccupations, le Tribunal ne peut malheureusement pas protéger cette dernière lors de l’imposition de la peine. L’entourage de cette jeune femme et les autorités carcérales devront encadrer adéquatement et efficacement cette relation », a souligné la juge.