Une fresque «Black Lives Matter» voit le jour à Montréal

La fresque géante est une initiative de la Fondation Dynastie — dont le gala souligne chaque année l’apport des personnes noires dans la culture et les sports — et du collectif d’artistes Never Was Average.
Photo: Adil Boukind Le Devoir La fresque géante est une initiative de la Fondation Dynastie — dont le gala souligne chaque année l’apport des personnes noires dans la culture et les sports — et du collectif d’artistes Never Was Average.

« Black Lives Matter ». Le mantra du mouvement planétaire ravivé par la mort de George Floyd aux États-Unis habille depuis mardi la rue Sainte-Catherine à Montréal, entre les rues Saint-Hubert et Saint-André.

Surtout, sa traduction française : « La vie des Noir.e.s compte ».

La fresque géante, longue de plusieurs mètres, est une initiative de la Fondation Dynastie — dont le gala récompense chaque année des personnalités noires québécoises — et du collectif d’artistes Never Was Average, chargé de coordonner l’œuvre. Plusieurs organismes montréalais ont aussi collaboré au projet, qui a obtenu un soutien financier de la Ville de Montréal et de la Société de développement du Village.

Des fresques similaires ont récemment vu le jour à travers le monde. Aux États-Unis, un « Black Lives Matter » est apparu devant la Maison-Blanche à Washington et au pied de la Trump Tower à New York. Le slogan décore aussi depuis peu la chaussée de l’avenue Augusta à Toronto, au cœur du marché Kensington.

Montréal emboîte ainsi le pas à ces villes, en guise de soutien au mouvement qui lutte contre le racisme et la discrimination systémique. « On voulait apporter notre voix pour éveiller les consciences », précise en entrevue Carla Beauvais, directrice générale du Gala Dynastie et instigatrice clé du projet.

« Même s’il y a un côté politique au message, l’œuvre n’a pas été faite dans un esprit militant, assure-t-elle. Elle est surtout là pour créer un espace de conversation. » En plus de permettre aux artistes invités d’« exprimer leur ressenti ». « On a beaucoup entendu parler les militants et les organismes communautaires, mais très peu les artistes. »

Mardi, une centaine de bénévoles se sont activés à peindre les lettres du slogan sur le bitume de la rue piétonne. En fin d’après-midi, elles avaient pris forme : blanches pour la plupart, à l’exception du mot « compte » aux couleurs de l’arc-en-ciel. « On voulait que les Noirs de la communauté LGBTQ se sentent interpellés. L’idée est d’être le plus inclusif possible », raconte Harry Julmice, cofondateur de Never Was Average, rencontré sur place.

Or, la fresque n’est pas terminée. Mercredi, chacune des dix-neuf lettres sera prise d’assaut par un artiste, embauché pour l’occasion. « À l’intérieur du grand message, on va avoir 19 messages de 19 artistes différents », résume M. Julmice.

« On veut faire partie de cette conversation qui a démarré au Minnesota », avec le décès de George Floyd, mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc, note également le jeune homme. « Pour nous, c’est encore important de montrer notre soutien, notre unité, à travers une œuvre d’art. »

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