Un nouveau directeur chez Ubisoft Montréal

À la Bourse de Paris, le titre d’Ubisoft cotait lundi à 73,64 euros, en recul de 4,98%.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir À la Bourse de Paris, le titre d’Ubisoft cotait lundi à 73,64 euros, en recul de 4,98%.

Dans la tourmente à la suite d’allégations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés, ce qui s’est soldé par plusieurs départs au sein de sa haute direction, Ubisoft a décidé de confier les rênes de son studio de Montréal à Christophe Derennes, un cadre de longue date.

Annoncée lundi, cette décision survient deux jours après le départ de Yannis Mallat, qui était à la tête du studio montréalais depuis 2006 en plus de diriger ceux de Québec, de Saguenay, de Toronto et de Halifax. Ceux-ci relèveront désormais du siège social de Paris.

« Cette décision est difficile, mais nécessaire, compte tenu de l’ampleur des problèmes remontés au cours des dernières semaines au sein de nos studios de Montréal et de Toronto », a souligné dans un communiqué la directrice générale d’Ubisoft, Christine Burgess Quemard, à propos du départ de M. Mallat.

En plus du directeur des studios canadiens, la crise ayant secoué la multinationale française a également emporté le directeur de la création, Serge Hascoët, ainsi que Cécile Cornet, la responsable des ressources humaines du groupe.

Selon son profil LinkedIn, Christophe Derennes travaille pour la société française depuis 1997 et est vice-président exécutif à la production du studio montréalais.

Mme Burgess Quemard a exprimé sa confiance à l’égard du nouveau patron du studio de Montréal, qui, selon elle, sera en mesure de mener les employés vers « de nouvelles réussites, tout en assurant un environnement de travail inclusif et sûr ».

« Christophe portera le déploiement des orientations et des actions […] qui sont alignées avec le plan d’action, est-il expliqué. Ces mesures apporteront une plus grande diversité à tous les niveaux du studio, à commencer par une plus grande parité dans l’équipe de direction d’ici la fin de l’année. »

Déception face aux jeux

Par ailleurs, le titre d’Ubisoft a perdu près de 5 % lundi à la Bourse de Paris pour terminer la journée à 73,64 euros. Le recul a eu lieu au lendemain d’une présentation de jeux jugée décevante par le marché et alors que l’éditeur fait face à un scandale de harcèlement sexuel. Selon les analystes, toutefois, ce scandale n’était pas seul en cause dans la déconfiture boursière.

« La présentation d’hier était décevante », a dit à l’AFP Charles-Louis Planade, expert en jeux vidéo chez Midcap Partners. Ubisoft a diffusé dimanche soir sur Internet un événement intitulé Ubisoft Forward (« Ubisoft en avant ») censé compenser l’annulation des grands salons du jeu vidéo, et présenter les dates de sorties des prochaines créations.

« Il y avait un manque du point de vue de la quantité », a remarqué M. Planade, qui voit un « risque que le groupe n’arrive pas à sortir les cinq jeux triple A » qu’il avait promis sur son exercice décalé 2020-2021, après les retards sur la production de trois titres majeurs lors de l’exercice précédent.

Un sixième opus de la franchise Far Cry, jeu de tir dans un monde ouvert à l’ambiance tropicale, dont des images avaient été divulguées les jours précédents, a notamment été annoncé pour février 2021.

Les prochaines aventures de la saga Assassin’s Creed, qui se dérouleront durant le haut Moyen Âge parmi les Vikings, débuteront en novembre sur plusieurs plateformes.

La date de sortie du jeu Watch Dogs: Legion a quant à elle été fixée au 29 octobre.

Avec l’Agence France-Presse

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