Québec appelé à l’aide pour éviter que des ménages soient jetés à la rue

Les conséquences négatives de la crise du logement sont amplifiées en raison de la pandémie.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les conséquences négatives de la crise du logement sont amplifiées en raison de la pandémie.

De nombreux ménages se retrouveront vraisemblablement à la rue le 1er juillet si Québec ne met pas en place des « mesures d’urgence » pour leur venir en aide, préviennent différents groupes désireux de « sonner l’alarme ».

Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et le Collectif pour un Québec sans pauvreté constatent que les conséquences négatives de la crise du logement sont amplifiées en raison de la pandémie.

Plusieurs propriétaires « refusent systématiquement » de louer aux locataires sans emploi, même s’ils ont des revenus qui proviennent de la Prestation canadienne d’urgence, de l’assurance-emploi ou de l’aide sociale, a noté Marjolaine Deneault, une porte-parole du RCLALQ.

Certains sont si restrictifs dans leur évaluation des candidatures qu’ils vont même jusqu’à demander des relevés d’emploi, des T4, des lettres de l’employeur, a-t-elle mentionné, en entrevue avec La Presse canadienne.

Il s’agit ni plus ni moins de « discrimination » quant à la source des revenus, estime son regroupement.

Des propriétaires assaillis de demandes lors de la publication d’une annonce de logement à louer se permettraient même de simplement écarter automatiquement les candidatures de ménages à faible revenu.

Solutions potentielles

Selon Mme Deneault, Québec doit rapidement augmenter son aide destinée aux ménages moins fortunés et aux locataires sans logis en versant des sommes supplémentaires aux offices municipaux d’habitation par l’entremise de la Société d’habitation du Québec.

Les offices peuvent traditionnellement distribuer des suppléments de loyer d’urgence, a-t-elle expliqué.

Son regroupement réclame aussi de l’hébergement temporaire pour ceux qui risquent de se retrouver sans logement au 1er juillet et de l’aide pour l’entreposage des biens le temps que ces gens se trouvent un toit.

Le RCLALQ croit que la Commission des droits de la personne et de la jeunesse devrait disposer de plus de moyens d’intervention auprès des locataires victimes de discrimination.

Le Régie du logement devrait aussi, selon le regroupement, avoir pleine juridiction sur le processus de location et pouvoir imposer des dommages punitifs envers les propriétaires fautifs.

Mme Deneault déplore que le cabinet de la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, ait annulé une rencontre avec le regroupement qui était prévue avant la pandémie et qu’il ait décliné de la tenir par vidéoconférence.

L’attachée de presse de la ministre affirme qu’un plan d’action doit être dévoilé cette semaine en vue du 1er juillet.

« Tout comme l’an dernier, nous allons nous assurer que tout le monde a un toit à l’issue de la période de déménagement. Les municipalités et les Offices d’habitation auront tous les outils nécessaires pour aider leurs citoyens à se trouver un logement », a déclaré Bénédicte Trottier-Lavoie dans un courriel à La Presse canadienne.

« En ce qui concerne la discrimination dont pourraient être victimes certaines personnes dans le processus de recherche d’un logement, donc avant la signature d’un bail, cela relève de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui dispose de toute l’expertise nécessaire. Ceci étant, la discrimination sous toutes ses formes est inacceptable et nous encourageons les personnes qui en sont victimes à dénoncer toute situation », a-t-elle ajouté.

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