Bientôt des restaurants et des rassemblements intérieurs

Le déconfinement du Québec franchira deux étapes fort attendues dans les prochains jours. Les rassemblements intérieurs seront ainsi bientôt autorisés, en même temps que les restaurants pourront reprendre leurs activités. Dans les deux cas, la distanciation physique s’imposera encore.

Constatant que les « chiffres [sont] encourageants » depuis plusieurs jours, le premier ministre Legault estime qu’on peut maintenant aller « une étape plus loin », a-t-il dit lundi.

Un peu comme pour les rassemblements extérieurs, ceux qui se feront à l’intérieur ne pourront compter plus de 10 personnes (et idéalement de trois maisonnées maximum), selon les détails qu’a donnés plus tard le conseiller médical stratégique de la Direction nationale de santé publique, Richard Massé.

Seuls les lieux privés — et non pas les lieux de culte, par exemple — sont visés par cette nouvelle directive.

Quant aux restaurants, il sera possible de les fréquenter dès le 15 juin… sauf dans la communauté métropolitaine de Montréal, dans la MRC de Joliette et à L’Épiphanie, où il faudra patienter une semaine de plus.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a élaboré un guide qui détaille ce qui devra être respecté dans les restaurants.

« Vous les connaissez, c’est des normes d’hygiène, des normes de désinfection, puis des normes de distanciation sociale », a résumé le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet.

 

Ce dernier a indiqué que Québec laissera « au bon jugement des restaurateurs le nombre des clients admis à l’intérieur ou à l’extérieur », pour autant que la règle des deux mètres de distance soit respectée.

L’Association Restauration Québec a immédiatement salué la décision du gouvernement. Elle « permettra à bon nombre d’entre eux d’enfin respirer un peu », juge son vice-président aux affaires publiques et gouvernementales, M. François Meunier. Mais « c’est sûr qu’on ne s’en va pas vers quelque chose de simple. Les règles sont strictes et la distanciation physique va compliquer les choses », fait-il remarquer, bien conscient que, pour relancer les affaires et « recommencer à vivre », les restaurateurs devront y mettre toute leur énergie.

La réouverture ne réglera pas tous les problèmes non plus, dit-il. « Bien sûr, on ne jouera pas à l’autruche : ouvrir à 50 % de sa capacité, ce n’est pas viable à long terme. Mais rouvrir, même pour quelques clients, c’est une question de survie en ce moment. »

L’industrie de la restauration représente quelque 14 milliards en ventes au Québec et emploie plus de 200 000 personnes.

Et les bars ?

Les annonces de lundi laissent donc en plan le secteur des bars, et cela, alors que Québec entend permettre (par le projet de loi 61) aux restaurateurs de servir de l’alcool sans repas.

En date de lundi, 6 nouvelles personnes étaient décédées de la COVID-19, pour un total de 4984 morts au Québec depuis le début de la pandémie.

« Écoutez, on est extrêmement sensibles à l’activité qui se déroule de façon constante dans les bars au Québec, a fait valoir Jean Boulet lundi. C’est un secteur qui nous préoccupe, mais il y a des enjeux sanitaires qui sont différents. La proximité entre les personnes n’est aussi pas la même que pour les activités de restauration. »

Selon M. Boulet, Québec « complète les analyses » avec la CNESST et la Santé publique, et des annonces seront faites « dans des délais raisonnables ».

« On est à mi-chemin », estime Pierre Thibault, président et fondateur de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ). D’après lui, beaucoup de bars — dont le sien, situé à Montréal — ont adopté cette tendance depuis quelques années d’offrir aux clients de quoi se sustenter tout en savourant un verre d’alcool. « C’est bon de savoir que près de la moitié des bars vont donc pouvoir rouvrir en même temps que les restaurants. Après tant de grisaille, on va se réjouir un peu. »

Il s’inquiète toutefois pour les établissements qui n’offrent pas de service alimentaire et qui devront encore attendre leur tour. « Ce qui est malheureux, c’est qu’on n’a aucune idée du plan du gouvernement. Va-t-il donner son feu vert dans un, deux ou trois mois ? Les temps sont difficiles, beaucoup sont dans une situation précaire. »
 

 

La frontière américaine

Les proches de citoyens canadiens ou de résidents permanents coincés aux États-Unis peuvent maintenant venir rejoindre leur famille au Canada. Justin Trudeau a annoncé lundi l’ajout de cette exemption à l’entente sur la fermeture de la frontière canado-américaine, qui ne permettait jusqu’ici que l’entrée de travailleurs essentiels. Cette exemption pour les familles immédiates sera cependant uniquement offerte pour les longs séjours, de plus de deux semaines, puisque les personnes arrivant des États-Unis devront obligatoirement s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée avant de voir qui que ce soit. M. Trudeau avait évoqué cette exemption avec ses homologues provinciaux il y a dix jours, mais les premiers ministres des provinces plus touchées par la COVID-19 s’y étaient montrés moins favorables.

 

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