Ugo Fredette avait déjà été visé par des accusations de violence conjugale

<p>Ugo Fredette a été condamné en octobre dernier pour le meurtre de son ex-conjointe. Il a aussi été reconnu coupable de celui d’Yvon Lacasse, un automobiliste de 71 ans croisé par hasard.</p>
Photo: Sûreté du Québec

Ugo Fredette a été condamné en octobre dernier pour le meurtre de son ex-conjointe. Il a aussi été reconnu coupable de celui d’Yvon Lacasse, un automobiliste de 71 ans croisé par hasard.

Sept ans avant de tuer son ex-conjointe, Ugo Fredette a été visé par des accusations en lien avec de la violence conjugale, qui ont par la suite été retirées. Véronique Barbe avait dû fuir son domicile en pyjama, alors qu’Ugo Fredette, complètement nu, tentait de la rattraper.

Ces informations ont été révélées lors des observations sur la peine de M. Fredette qui se sont poursuivies mardi. Des rapports déposés en preuve jettent un éclairage troublant sur une relation où les épisodes de violence conjugale se sont manifestés rapidement.

« [M. Fredette] s’était retrouvé dans une situation pratiquement identique [à celle précédant le meurtre] », peut-on lire dans le rapport du psychiatre Gilles Chamberland.

L’expert a témoigné pour la Couronne au procès de l’homme de 44 ans, qui a été reconnu coupable en octobre dernier des meurtres de son ex-conjointe, Véronique Barbe, et d’un automobiliste croisé par hasard, Yvon Lacasse.

Le rapport révèle qu’en août 2010, Mme Barbe a porté plainte contre M. Fredette. Le couple était ensemble depuis neuf mois et demi et cumulait environ six ruptures. « Principalement en raison du tempérament jaloux et possessif de [M. Fredette] », est-il écrit.

Quelques jours avant cet épisode, qualifié de « rocambolesque » par le Dr Chamberland, Mme Barbe s’était présentée au poste de police, mais n’avait pas voulu porter plainte.

L’homme n’acceptait pas leur séparation et était revenu cogner chez elle pendant la nuit. « Dans les jours suivants, [M. Fredette] envoie à madame de multiples messages textes et courriels. Il fait de nombreux appels à son travail et lui apporte des fleurs sur l’heure du dîner », est-il rapporté.

M. Fredette demeure insistant et Mme Barbe accepte de le revoir pour mettre les choses au clair. Avant de repartir, il passe à la salle de bain. Mme Barbe assiste alors à une tentative de suicide, mais l’homme l’empêche d’appeler les secours. Le lendemain, il initie un rapport sexuel auquel Mme Barbe dit avoir « cédé » pour agir « normalement » par crainte.

Pendant que M. Fredette se trouve à la salle de bain, elle en profite pour fuir. Lorsqu’il s’en rend compte, il part à la course derrière elle, nu, dans la rue.

« [Mme Barbe] se cache dans sa voiture. [M. Fredette] cogne dans la fenêtre, tente d’ouvrir la portière, s’accroche au miroir, monte sur le capot du véhicule. [Elle] met le véhicule en marche et il tombe par terre. Elle croit avoir roulé sur sa jambe avec son pneu arrière. Elle s’immobilise et contacte les services d’urgence », est-il relaté.

Ce violent événement mènera au dépôt d’accusation à l’égard de M. Fredette, à qui il sera également interdit de communiquer avec Véronique Barbe. Le couple renouera cependant rapidement et la plainte sera abandonnée.

Dans les derniers jours, des experts se sont prononcés sur le degré de dangerosité du meurtrier en vue de la peine qui lui sera imposée.

La juge Myriam Lachance devra déterminer la période d’incarcération que devra purger Ugo Fredette avant d’être admissible à une libération conditionnelle. La défense demande 25 ans, alors que la poursuite réclame plutôt une peine cumulative de 50 ans.

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