Les camps de jour sont confrontés à des choix difficiles

Plusieurs camps de vacances ont déjà annoncé l’annulation de leurs activités d’été.
Photo: Jacque Nadeau Archives Le Devoir Plusieurs camps de vacances ont déjà annoncé l’annulation de leurs activités d’été.

Ces jours-ci, les organisateurs de camps de jour se demandent s’ils pourront relancer leurs activités cet été ou s’ils devront y renoncer. C’est que les règles de distanciation qu’ils doivent appliquer représentent un réel casse-tête. Le guide qui vient d’être publié à leur intention avec la collaboration de la Direction de la santé publique comporte une série de contraintes, dont une réduction importante des ratios dans les groupes.

Les camps de jour des Débrouillards sont annulés. Le Réseau Technoscience, qui propose des camps à saveur scientifique tous les étés à 5000 jeunes au Québec, a annoncé mardi qu’il jetait l’éponge. « Ce fut une décision très difficile », a confié sa directrice générale, Marthe Poirier. « C’était devenu difficile de s’assurer qu’on aurait la sécurité sanitaire pour les enfants et les employés. On comprend les mesures, mais les activités scientifiques ne sont pas toujours extérieures et il y a beaucoup de manipulations. Nos espaces ne permettent pas toujours la distanciation. Tout était complexe. »

L’organisme réfléchit à d’autres options pour alimenter la flamme scientifique des jeunes pendant l’été, mais la forme reste à déterminer.

D’autres gestionnaires de camps évaluent la situation ces jours-ci, confirmeÉric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec. Québec n’a toujours pas autorisé les camps de jour, mais la décision ne saurait tarder, a indiqué mardi le premier ministre, François Legault.

En attendant, l’Association a préparé un guide à l’intention des gestionnaires de camps de jour. On y dresse une liste de règles à suivre. En tout temps, une distance de deux mètres doit être assurée entre les participants. Les activités extérieures doivent être privilégiées et les contacts physiques, comme les sports de contact, doivent être évités.

Les ratios de groupes ont aussi été révisés. Alors qu’auparavant, les groupes de 7-8 ans pouvaient compter jusqu’à 15 enfants pour un moniteur, il est maintenant prescrit d’avoir 7 enfants pour un moniteur. Et c’est sans compter les multiples règles concernant l’hygiène, la configuration de salles à manger pour séparer tous les enfants, la désinfection fréquente du matériel et des aires de jeu. On recommande d’éviter les jeux avec échange d’objets et de remplacer certains jeux collectifs par des stations d’épreuves. Le guide stipule aussi que les animateurs doivent utiliser des équipements de protection s’ils ont à intervenir auprès d’un enfant à moins de deux mètres.

Toutes ces règles entraîneront des coûts importants. « 75 % des camps de jour au Québec sont opérés dans des organismes sans but lucratif ou des entreprises privées. Ceux-ci voient la moitié de leurs revenus d’inscription potentiels disparaître, signale Éric Beauchemin. On pense que sans une mesure de soutien d’urgence, il va vraiment y avoir une limitation des places rendues disponibles cet été. »

Des discussions ont été engagées avec Ottawa et Québec, car Éric Beauchemin craint que sans aide financière des gouvernements, plusieurs gestionnaires de camps choisissent d’annuler leurs activités.

Plusieurs camps de vacances ont déjà annoncé l’annulation de leurs activités d’été. C’est notamment le cas des camps Minogami et Trois-Saumons.