Nouvelle demande pour préserver la maison d’Alexis le Trotteur

Dans cette maison construite vers 1830 et habitée par Alexis Tremblay, dit Picoté, lequel va diriger la Société des vingt-et-un, a aussi vécu Alexis le Trotteur, figure légendaire québécoise.
Photo: Pierre Rochette Dans cette maison construite vers 1830 et habitée par Alexis Tremblay, dit Picoté, lequel va diriger la Société des vingt-et-un, a aussi vécu Alexis le Trotteur, figure légendaire québécoise.

La Fédération histoire Québec, principal regroupement des associations du genre, enjoint la ministre de la Culture, Mme Nathalie Roy, d’intervenir rapidement pour protéger la maison Lapointe, située à Clermont dans Charlevoix.

« Cette maison a marqué non seulement l’histoire de la région de Charlevoix, mais également celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle bénéficie donc d’une valeur nationale qui justifie son classement », affirme Clément Joncas, le président du comité du patrimoine de la Fédération histoire Québec.

Dans une lettre adressée à la ministre, la Fédération histoire Québec indique que « cette démolition constituerait une perte importante pour le patrimoine de Charlevoix, mais également pour l’ensemble du Québec ».

Relativement « cossue et ayant conservée sa volumétrie d’origine », la maison Lapointe, rappelle la Fédération, « a d’abord été la propriété d’Alexis Tremblay dit Picoté (1787-1859), fondateur de la Société des 21, société ayant permis la colonisation du Saguenay au XIXe siècle ».

Cette maison a également été habitée par Alexis Lapointe dit le Trotteur (1860-1924), « personnage légendaire ayant suscité nombre de publications, d’expositions et d’écrits au Québec.

La démolition de ce bâtiment patrimonial est envisagée d’ici 4 à 6 semaines par les autorités à la suite d’un incendie qui l’a partiellement touché. « Pourtant, la maison Lapointe est identifiée comme ayant une valeur patrimoniale supérieure selon la fiche d’inventaire présente au Répertoire du patrimoine culturel. »

La Fédération demande à la ministre d’exercer son pouvoir prévu à l’article 29 de la Loi sur le patrimoine culturel « afin d’émettre un avis d’intention de classement pour éviter la démolition de la maison à court terme et en permettre une évaluation par un architecte spécialisé ».

Pour les propriétaires de biens patrimoniaux, indique la Fédération, « le classement ne constitue pas un frein à un projet de reconversion ». Bien au contraire, puisqu’« il permet d’effectuer des réparations en obtenant le soutien technique et financier du ministère » Plusieurs bâtiments patrimoniaux ayant subi un incendie ont été restaurés par le passé, dont le Manège militaire de Québec, l’église de Saint-François à l’Île-d’Orléans ou encore à la maison Racine, à Sainte-Anne-de-Beaupré. « Loin d’être impossible, la restauration de cette maison est une question de volonté que le gouvernement du Québec a le devoir d’encourager afin d’assurer la pérennité de notre culture. »

Une loi insuffisante

Clément Joncas signale les faiblesses de la loi actuelle. « À cause des faiblesses de l’actuelle loi sur le Patrimoine culturel, si le ministère refuse de classer la résidence, la municipalité de Clermont n’a aucune obligation de citer le bâtiment afin de le protéger. » En l’absence d’intervention du ministère, le bâtiment sera fort probablement démoli. « D’ailleurs, cette situation a conduit à de nombreuses pertes de maisons importantes à travers le Québec depuis quelques années. Dans ce contexte, la Fédération Histoire Québec souhaite que tous les bâtiments identifiés dans les inventaires patrimoniaux disposent d’un statut de protection juridique. Cette protection permettrait d’éviter les décisions de dernière minute, trop souvent défavorables à la protection du patrimoine québécois. »

Sollicité par Le Devoir à propos de ce dossier, le ministère de la Culture n’a toujours pas répondu aux demandes du journal au moment de publier ce texte.