Près d'un millier de cas non répertoriés dans la liste des milieux de vie pour aînés

En date de mardi, 27 résidents et 14 employés de la Maison Wilfrid-Grignon, une ressource intermédiaire, étaient infectés par le coronavirus.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En date de mardi, 27 résidents et 14 employés de la Maison Wilfrid-Grignon, une ressource intermédiaire, étaient infectés par le coronavirus.

Cinquante-cinq résidents hébergés dans des ressources intermédiaires (RI) et dans des ressources de type familial (RTF) sont décédés de la COVID-19 depuis le début de la crise. En date de mardi, 970 cas de contamination au coronavirus avaient été répertoriés parmi les résidents de ces deux types de ressources, selon des chiffres obtenus par Le Devoir.

Les données concernant les RI et les RTF n’étaient pas répertoriées jusqu’à maintenant dans le bilan officiel des milieux de vie pour personnes aînées et vulnérables touchés par la COVID-19. Des enjeux de confidentialité — liés au fait que les RI et les RTF sont des ressources de plus petite taille que les CHSLD et les résidences pour aînés (RPA) — étaient invoqués.

Dans un courriel transmis au Devoir, Marie-Claude Lacasse, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, indique que le ministère a révisé sa position.

« Nous comprenons l’inquiétude des personnes qui ont un proche hébergé dans ces milieux et nous avons demandé au réseau de donner ces informations pour les RI etRTF, à condition que la diffusion de ces données ne permette pas l’identification d’une personne », écrit-elle.

Le Devoir rapportait mercredi que le CISSS des Laurentides refusait de dévoiler le nombre de résidents infectés par la COVID-19 à la Maison Wilfrid-Grignon, une RI de Sainte-Adèle, invoquant des questions de confidentialité. La RI accueille pourtant 74 résidents. Ce manque de transparence est condamné avec véhémence par la mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière.

Le CISSS des Laurentides a fait volte-face dans la journée de mercredi en soulignant que la nouvelle consigne du MSSS lui permet dorénavant de dévoiler ces informations. Ainsi, en date de mardi, 27 résidents et 14 employés de la Maison Wilfrid-Grignon étaient infectés par le coronavirus. Et quatre résidents sont décédés de la COVID-19. « C’est déplorable, on est rendus à quatre décès et on n’avait pas été avisés avant de la situation », a déclaré la mairesse.

 
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C’est le nombre de résidents décédés des suites de la COVID-19 à la Maison Wilfrid-Grignon de Sainte-Adèle.

Selon Nadine Brière, le bilan serait toutefois encore plus lourd. Citant des sources se trouvant parmi le personnel soignant, elle avance que la moitié des résidents sont infectés par le coronavirus. « Mon inquiétude maintenant est que des proches aidants vont pouvoir entrer dans la résidence et revenir dans la communauté. Je crains une propagation à l’intérieur de nos municipalités. »

Plusieurs témoignages publiés mercredi dans Le Devoir révélaient une situation chaotique à la Maison Wilfrid-Grignon. La désorganisation, les lacunes dans les soins donnés et le manque d’effectifs remonteraient d’ailleurs à bien avant la pandémie.

Le blâme sur les employés

Dans un communiqué diffusé mardi soir, le Groupe santé Arbec, qui possède la Maison Wilfrid-Grignon, rejetait plutôt le blâme sur des employés qui « exagèrent » la situation.

La direction confirme ainsi qu’une équipe du CISSS des Laurentides a été déployée dans la RI pour pallier l’absence de 32 employés. « Cependant, l’adaptation est souvent difficile lorsqu’il n’y a pas d’orientation dans un nouveau milieu. Il est possible que la situation génère un stress qui pourrait amener des employés à exagérer les impairs pouvant être corrigés relativement facilement lorsque le problème est soulevé dans un but d’amélioration. »

Les RI sont des établissements privés accueillant des personnes en perte d’autonomie jugée de légère à moyenne ou encore des personnes souffrant d’une déficience physique ou mentale. Ces personnes sont envoyées vers les RI par un établissement du réseau public. Les usagers des RTF — qui prennent la forme d’une famille d’accueil ou d’une résidence d’accueil — sont également envoyés dans ces milieux de vie par un établissement public.

 

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