Les élus Wet’suwet’en refusent une entente acceptée par les chefs héréditaires

La «crise ferroviaire» de ce début d'année avait vu des voies de chemin de fer bloquées partout au pays, notamment à Kahnawake, au Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La «crise ferroviaire» de ce début d'année avait vu des voies de chemin de fer bloquées partout au pays, notamment à Kahnawake, au Québec.

Les chefs élus des Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, n’ont pas l’intention de signer le « protocole d’entente sur les droits et le titre », un document appuyé la veille par les chefs héréditaires de cette Première Nation très divisée sur le projet de gazoduc Coastal GasLink.

Dans un communiqué conjoint, publié jeudi, Ottawa, le gouvernement de la Colombie-Britannique et les chefs héréditaires Wet’suwet’en affirmaient « demeurer résolus à mettre en œuvre les droits et le titre des Wet’suwet’en grâce au protocole d’entente ».

On ignore pour l’instant les détails de ce « protocole », conclu en février pour dénouer la « crise ferroviaire » au pays, et entériné cette semaine par les chefs héréditaires après examen.

Or, les chefs élus des nations Wet’suwet’en ont indiqué vendredi qu’ils n’appuyaient pas ce protocole d’entente. Ils soutiennent dans un communiqué que le processus de consultation « n’avait aucun semblant de crédibilité » et ils demandent le retrait de cette annonce « prématurée ».

Les chefs héréditaires des Wet’suwet’en s’opposent à la construction d’un gazoduc qui traverserait leur territoire dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Le projet Coastal GazLink doit rejoindre les installations d’exportation de LNG Canada à Kitimat, bâties au coût de 40 milliards de dollars.

Or, la majorité des conseils de bande élus appuient le projet Coastal GasLink. L’opposition à la construction de ce gazoduc de 670 kilomètres a déclenché des manifestations et des blocages de voies ferrées qui ont paralysé une partie de l’économie du pays en février dernier.

Les détails du protocole n’ont pas été rendus publics, mais les chefs héréditaires des Wet’suwet’en, les gouvernements fédéral et de la Colombie-Britannique conviennent que cette entente les engage à « affirmer et mettre en œuvre les droits et le titre » de cette Première Nation.

Bien que les détails n’aient pas été dévoilés, le protocole d’entente a été conçu pour traiter de revendications territoriales plus larges, plutôt que d’un strict accord sur le gazoduc. Il a été conclu le 29 février après des jours de discussions à Smithers, et les travaux sur le gazoduc ont repris après l’annonce de sa conclusion.

« Il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir dans le processus de négociation convenu dans le protocole d’entente afin de définir la façon dont nos trois gouvernements mettront en œuvre les droits et le titre ainsi que la façon dont nous collaborerons à l’avenir », indique le communiqué conjoint de jeudi.

« Au fur et à mesure que les négociations iront de l’avant concernant la mise en œuvre des droits et titre des We’suwet’en, nous avancerons avec transparence et ouverture, et nous nous engagerons davantage avec les groupes des maisons Wet’suwet’en, les Premières Nations avoisinantes, les gouvernements locaux, les intervenants et le public. »