Les pédiatres québécois en faveur d’un déconfinement progressif

Depuis la fermeture des écoles et des CPE le 13 mars dernier, les enfants ont été privés de leur filet social habituel.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Depuis la fermeture des écoles et des CPE le 13 mars dernier, les enfants ont été privés de leur filet social habituel.

Après des semaines de confinement en raison de la COVID-19, un retour progressif à la vraie vie pour les enfants n’est pas seulement souhaitable, il est nécessaire, juge l’Association des pédiatres du Québec.

Les enfants ne doivent surtout pas devenir les principales victimes de cette pandémie, ajoute-t-elle.

Alors que le premier ministre François Legault a commencé lors de ses points de presse quotidiens à mettre la table pour une réouverture graduelle des écoles québécoises, l’Association des pédiatres a pris position jeudi en faveur d’une telle décision.

Elle rappelle que la communauté scientifique s’entend sur un point : la COVID-19 n’est pas dangereuse pour la très vaste majorité des enfants.

Les médecins membres de cette association notent que depuis la fermeture des écoles et des CPE le 13 mars dernier, les enfants ont été privés de leur filet social habituel.

« Force est de constater que les dommages collatéraux d’un confinement prolongé sont déjà trop nombreux et inquiétants », écrivent-ils.

Ils tirent notamment le constat suivant : fragilisées financièrement par la crise sanitaire, beaucoup de familles peinent à nourrir leurs enfants. Au Québec, 32 000 enfants bénéficiaient chaque jour des petits déjeuners offerts dans les écoles.

Les signalements à la DPJ sont en baisse, ce que les pédiatres ne trouvent pas rassurant. Car ils sont à risque : la réclusion imposée, 24 heures sur 24, avec des parents sans emploi et sans revenus, ne peut que multiplier les risques de violence domestique.

Le suivi des jeunes enfants est retardé, ainsi que la vaccination, ce qui les expose à des maladies normalement sous contrôle. De plus, de nombreux enfants présentent des retards de développement (suspectés ou non par leurs parents) qui sont souvent dépistés en CPE ou lors d’un rendez-vous médical, ce qui ne peut arriver actuellement, font-ils valoir.

Face à tous ces constats, « l’option de reporter davantage la reprise de la vie scolaire se défend difficilement », écrivent-ils.

 
 

Une version précédente de ce texte mentionnait que 240 000 enfants bénéficiaient chaque jour des petits déjeuners offerts dans les écoles. Ils étaient en réalité 32 000 par jour.