L’industrie agricole demande aux Québécois d’aller travailler dans des fermes

Quelque 60 000 travailleurs étrangers temporaires viennent normalement au Canada chaque année pour travailler dans des fermes et des usines.
Photo: Andrew Vaughan Archives La Presse canadienne Quelque 60 000 travailleurs étrangers temporaires viennent normalement au Canada chaque année pour travailler dans des fermes et des usines.

L’industrie agricole lancera bientôt un appel à la mobilisation pour tous les Québécois désireux de travailler dans une ferme près de chez eux.

Le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, dit que des négociations sont toujours en cours avec Ottawa et Québec, mais qu’il espère pouvoir dévoiler la campagne de recrutement dans un futur rapproché.

« Force est de constater que tous les travailleurs étrangers ne pourront pas venir et qu’on aura beaucoup besoin de main-d’œuvre locale pour compléter », a constaté M. Groleau, lors d’une conférence téléphonique organisée par la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA).

Quelque 60 000 travailleurs étrangers temporaires viennent au Canada chaque année pour travailler dans des fermes et des usines, mais la fermeture des frontières signifie qu’il y en aura moins cette année.

Mercredi, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a reconnu que l’industrie sera confrontée à un problème de main-d’œuvre en raison de la pandémie de la COVID-19.

C’est pourquoi il est « urgent » d’agir pour que les entreprises agricoles puissent prévoir leurs récoltes lors de la saison estivale, a insisté M. Groleau jeudi.

« Ça va permettre aux entreprises agricoles d’ensemencer et d’avoir confiance dans les prochains mois pour pouvoir rendre cette production-là à terme », a-t-il dit.

Les premiers travailleurs étrangers ont commencé à arriver au Québec dans les derniers jours et ce sont les employeurs qui auront la responsabilité d’assurer leur mise en quarantaine.

Ottawa a déjà annoncé une subvention de 1500 $ par travailleur pour aider les employeurs à couvrir les salaires ou à réorganiser les logements pour s’assurer de respecter les mesures de distanciation sociale.

M. Groleau admet qu’il aurait été « idéal » que le gouvernement fédéral prenne en charge les travailleurs étrangers dès leur arrivée. « Mais la situation permet quand même aux travailleurs de se rendre sur les fermes et, espérons-le, de pouvoir commencer à travailler bientôt », a-t-il précisé.

Selon la présidente de la FCA, Mary Robinson, il reste encore « beaucoup à faire » pour aider les agriculteurs et réclame une aide financière immédiate afin de maintenir la chaîne d’approvisionnement au pays pendant la pandémie.

« Nous ne voulons pas créer la panique. En même temps, il serait irresponsable de ne pas sonner l’alarme à propos de la réalité des agriculteurs canadiens », a-t-elle souligné.

D’ici au lancement officiel de la campagne de recrutement, les Québécois qui souhaitent travailler dans le pré pourront contacter le Centre d’emploi agricole de leur région au https://www.emploiagricole.com /.