Aux masques, citoyens!

Peu importe le modèle de masque fait maison, il faut se laver les mains avant de le mettre et après l’avoir enlevé, et il faut le laver après chaque utilisation.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Peu importe le modèle de masque fait maison, il faut se laver les mains avant de le mettre et après l’avoir enlevé, et il faut le laver après chaque utilisation.

Dans une cuillerée à soupe d’eau de mer, il y a, paraît-il, plus de virus qu’il y a d’habitants en Europe. C’est dire combien l’ennemi à combattre est infiniment petit. Par contre, c’est sur les gouttelettes qui le transportent que le virus de la COVID-19 se propage. D’où la pertinence, récemment convenue par l’Agence santé publique du Canada, de porter un masque lorsqu’on sort à l’extérieur, pour freiner sa propagation. Du même souffle, les autorités sanitaires précisent que les masques dits chirurgicaux doivent être réservés au personnel médical. La consigne serait donc préférablement de se bricoler un masque soi-même. Dont acte.

Sur Internet, les patrons pour y arriver font leur apparition, de même que l’offre de masques par différents fabricants de vêtements. La créatrice de mode Mercedes Morin, par exemple, offrait des masques antibactériens en ligne, ma foi presque élégants, avant d’annoncer être déjà en rupture de stock jusqu’au 12 avril.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Jonathan Kalu, croisé dans Hochelaga-Maisonneuve: «Je suis souvent en contact avec des enfants, alors je préfère le porter. C’est un masque que j’utilise au Paintball.»

Reste que les exigences envers les masques utilisés dépendent énormément de l’usage qu’on en fait. Comme les responsables de la santé publique l’ont martelé, les masques bricolés à la maison servent essentiellement à protéger les autres, en pratiquant une barrière mécanique contre les gouttelettes. Dans ce cas, d’ailleurs, un simple foulard noué sur la bouche ou le nez fait aussi bien l’affaire, mais on recommande une protection de quelques couches de tissu.

Dans tous les cas, il ne faut pas le porter plus qu’un certain nombre d’heures, et il faut aussi le laver au moins une fois par jour. Il faut faire bien attention de ne pas toucher l’avant de son masque avec ses mains, puisque celles-ci risquent davantage d’avoir été en contact avec le virus. Il faut aussi se laver les mains avant de le mettre, et après l’avoir enlevé. Enfin, il n’est pas recommandé de faire porter un masque à un enfant de moins de deux ans ni à quelqu’un qui a d’importants problèmes respiratoires.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Francine Ouellette, Nouveau Rosemont: Elle s’est lancée dans la fabrication de masques maison, avec les élastiques du «Devoir». Elle les distribue à ses voisins et amis, même par la poste.

Le choix du matériel

Pour ceux qui souhaitent davantage de protection et qui ont des talents de bricoleurs, plusieurs patrons disponibles en ligne suggèrent d’insérer une couche supplémentaire au tissu, constituée d’un mouchoir par exemple, ou d’une lingette d’époussetage, pour améliorer son étanchéité.

Il faudra aussi choisir un tissu pour son masque.

Le groupe Smart air, qui se présente sur Internet comme étant « une entreprise sociale qui combat la pollution en livrant des purificateurs d’air à moindre coût et en diffusant des données sur la pollution », s’est livré à une analyse des différents matériaux servant à la production de masques faits à la maison.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Marguerite- Anne Barry, Berri-UQAM: «Je porte une écharpe en protection depuis le début de la crise. C’est par précaution, car les autorités sanitaires ne savent pas tout.»

Après le masque chirurgical, c’est le masque fait avec des filtres HEPA, comme ceux qui se retrouvent dans les sacs d’aspirateurs, qui est le plus efficace. Une telle protection n’est cependant pas nécessaire pour une simple sortie à l’extérieur en suivant les règles de distanciation sociale. Suivent, pour bloquer les particules de 0,02 micron, les masques confectionnés avec des linges à vaisselle, avec du lin, avec des taies d’oreillers, avec de la soie, avec des t-shirts de coton et avec des foulards.

Quoi qu’il en soit, les experts privilégieraient tout de même, toujours selon Smart Air, les t-shirts de coton et les taies d’oreillers, parce que ce sont des matériaux qui respirent mieux. Il faut également, disent les experts, veiller à ce que le masque soit bien étanche sur le visage.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Sarah Hmiche, qui se rendait au Jean Coutu avec sa soeur Thaiss

Quelques ressources pratiques

L’Association française de normalisation propose sur Internet deux patrons différents de masques à faire soi-même : l’un est un patron de masque « barrière à plis », selon le modèle des masques chirurgicaux, et l’autre est un patron de masque « bec de canard ». L’organisme est une référence en la matière, mais le style est parfois un peu aride.

 

En français toujours, on trouve largement de quoi s’outiller, sur un ton plus accessible, avec Bérangère, une Française qui se décrit comme ingénieure en textiles, et dont le site, Couture et paillettes, regorge d’infos techniques et pratiques.

 

Depuis Montréal, la designer Danielle Martin, du duo Martin Lim, propose sur son site un prototype destiné à un usage domestique à faire soi-même avec les moyens du bord. C’est clair et efficace.

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