De l’aide pour les victimes de violence conjugale

La directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon, et le vice-président Julien Nepveu
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon, et le vice-président Julien Nepveu

Des avocats en droit familial offriront bénévolement des conseils aux femmes victimes de violence conjugale durant la pandémie, a appris Le Devoir. La clinique juridique Juripop lancera une ligne téléphonique d’urgence vendredi afin de répondre aux questions concernant notamment la garde d’enfants en cette période exceptionnelle.

« En cette période de confinement, la présence d’enfants contraint souvent une femme victime de violence conjugale à rester avec son conjoint », souligne Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop.

L’organisme souhaite mettre l’expertise d’avocats en droit familial à la disposition des femmes qui hésitent non seulement à quitter le domicile familial, mais également à celles qui ont déjà fui leur agresseur, mais qui doivent rester en contact en raison de la garde d’enfants.

« La préoccupation des victimes, c’est leurs enfants. Elles vont souvent avoir des questions sur le respect des jugements de garde partagée alors qu’elles sont confinées dans une maison d’hébergement », mentionne Me Gagnon.

D’ailleurs, pour limiter les risques de propagation de la COVID-19, les règles ont été resserrées dans plusieurs maisons d’hébergement. « Les organismes veulent rester ouverts et n’ont pas le choix d’imposer des mesures sanitaires strictes. Certaines maisons, ont dû aviser les femmes que si elles sortent, elles ne peuvent malheureusement pas revenir », explique Me Gagnon.

Le confinement exigé par les autorités sanitaires est également perçu comme un obstacle pour certaines femmes qui vivent encore avec leur agresseur, mentionne Me Gagnon.

« Des femmes souhaitent quitter la résidence, mais elles se demandent s’il est préférable de quitter seule ou avec les enfants », dit-elle.

La ligne téléphonique [1-844-312-9009], qui sera lancée vendredi, sera fonctionnelle tous les jours jusqu’au 1er mai, avec une possibilité de la prolonger selon l’évolution de la pandémie.