Couvre-feu au Nunavik

La police aura la tâche de faire respecter le couvre-feu avec l’appui des maires de tous les villages nordiques.
Photo: Caroline Montpetit Archives Le Devoir La police aura la tâche de faire respecter le couvre-feu avec l’appui des maires de tous les villages nordiques.

Les habitants des 14 villages nordiques du Nunavik doivent depuis dimanche respecter un couvre-feu jusqu’à nouvel ordre. Une mesure décrétée par les autorités de la région pour éviter la propagation du coronavirus après qu’un premier cas a été déclaré positif samedi, à Salluit.

« Dès [dimanche soir], tous les Nunavimmiuts sont tenus de rester chez eux de 21 h à 6 h, et ce, tous les jours. Le couvre-feu demeurera en vigueur pour une période indéterminée », a précisé l’Administration régionale Kativik par voie de communiqué dimanche.

Décrété par le chef du Corps de police régional Kativik et directeur du Service de la sécurité publique de l’Administration régionale Kativik, Jean-Pierre Larose, ce couvre-feu se veut une « mesure préventive » pour protéger les communautés du Nunavik. La police aura la tâche de faire respecter le couvre-feu avec l’appui des maires de tous les villages nordiques. C’est à ces derniers cependant qu’il reviendra de rappeler aux membres des communautés de pratiquer la distanciation sociale.

Samedi soir, un couvre-feu avait déjà été imposé à Kuujjuarapik et à Salluit, après l’annonce d’un premier cas déclaré positif de coronavirus. Il s’agit d’une femme de Salluit qui serait récemment rentrée du Sud, où elle était allée visiter un membre de sa famille. Elle a été placée en isolement juste après avoir passé un test de dépistage. Elle vit dans une maison avec d’autres personnes, mais s’isole dans une pièce à part et des mesures strictes d’hygiène sont observées, a indiqué la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik par voie de communiqué samedi.

La santé publique s’attelait alors à communiquer avec toutes les personnes qui auraient pu être en « contact étroit » avec la jeune femme, c’est-à-dire avoir été à moins de 2 mètres d’elle pendant plus de 15 minutes. Le cas échéant, ces personnes pourraient être invitées à s’isoler ou à se soumettre à un test de dépistage.

Déplacements limités

L’accès aux aéroports du Nunavik sera dorénavant limité puisque seuls le personnel offrant des services prioritaires et la marchandise pourront être transportés par avion dans les communautés. À Salluit, tous les vols ont carrément été annulés et l’aéroport a été fermé à tout trafic aérien, « sauf pour les situations d’extrême urgence ».

Les déplacements entre les communautés par motoneige ont par ailleurs été « strictement interdits ». Les résidents des 14 villages sont encouragés à éviter tout contact et à rester chez eux.

Puisque très peu de gens résident au Nunavik et que les communautés sont tissées serrées, les leaders locaux appellent les citoyens à ne pas stigmatiser ceux qui pourraient recevoir un diagnostic positif de COVID-19. Ils les invitent également à être attentifs aux symptômes et à respecter les consignes de sécurité.