Un jeune garçon meurt pendant une intervention de la DPJ

Les policiers ont été appelés à se rendre à un logement de Joliette par des travailleurs sociaux qui visitaient finalement les lieux à la suite du signalement.
Photo: iStock Les policiers ont été appelés à se rendre à un logement de Joliette par des travailleurs sociaux qui visitaient finalement les lieux à la suite du signalement.

Un enfant de deux ans est mort lors d’une intervention de la DPJ qui survenait deux mois après que la famille eut été signalée auprès des autorités publiques. Le dossier avait été classé « non urgent ». Ironie du sort : le jour du drame, la commission Laurent appelait le gouvernement a plus de vigilance pendant la crise du coronavirus.

Les policiers ont été appelés à se rendre dans un logement de Joliette, dans Lanaudière, par des travailleurs sociaux qui visitaient finalement les lieux à la suite du signalement. La famille visée compte deux garçons, respectivement de 6 ans et de 2 ans, ainsi que des jumelles de 6 mois.

Il y a des enfants qui ne doivent pas passer sous le radar

Radio-Canada rapporte que la DPJ s’est présentée en début d’après-midi jeudi, mais que les parents se sont montrés réticents à la laisser entrer.

Ils ont finalement découvert « une scène d’horreur rarement vue », affirme Radio-Canada sur la base de trois témoignages. « Dans le logement insalubre, les quatre jeunes enfants de la famille avaient des champignons sur le visage et la peau purulente. » La DPJ a convenu de les placer immédiatement, afin d’assurer leur protection.

Les intervenants ont quitté le logement pour convenir de modalités de placement rapides. Lorsqu’ils sont revenus à 15 h, une ambulance était sur place. Le décès du petit garçon de 2 ans a été constaté à l’hôpital.

Protéger malgré la crise

La famille est originaire de la communauté autochtone attikamek. Les trois autres enfants ont été placés dans leur famille élargie et se retrouvent désormais dans la réserve de Manawan, relevant de la protectrice de l’enfance autonome du conseil attikamek, lequel jouit d’un statut d’action particulier depuis le début des années 2000.

Le jour même du drame, la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Mme Régine Laurent, avait appelé le gouvernement à agir promptement afin d’assurer la protection des enfants dans cette période de crise sanitaire. « J’ai discuté avec le ministre [de la Santé et des Services sociaux] Lionel Carmant, disait-elle. Je peux vous dire qu’il affirme être en train de travailler à trouver des solutions. Je comprends que nous sommes d’accord qu’il y a des enfants qui ne doivent pas passer sous le radar. »

Mme Laurent se faisait plus que jamais pressante auprès du gouvernement pour qu’il trouve rapidement des moyens de soutenir au mieux les familles afin de minimiser les répercussions néfastes de la crise sur les enfants les plus vulnérables de notre société.

La commission Laurent a été lancée suite à la mort tragique de « Tilili », une fillette de sept ans décédée à Granby au printemps 2019. Celle-ci était passée à côté des derniers filets de protection sociale qu’offre en principe la DPJ.