Les peines de «fin de semaine» suspendues temporairement

Lors des deux dernières fins de semaine, les établissements de détention avaient accueilli respectivement 520 et 359 détenus.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors des deux dernières fins de semaine, les établissements de détention avaient accueilli respectivement 520 et 359 détenus.

Les détenus purgeant des peines discontinues n’auront finalement pas à se présenter dans les établissements de détention cette fin de semaine. Québec a décidé de suspendre la détention de ces contrevenants pour éviter une propagation du coronavirus.

« Les personnes qui purgent une peine discontinue dans la communauté sont considérées comme un vecteur de transmission potentiel de la COVID-19 puisqu’elles font des allées et venues dans les établissements de détention », indique le ministère de la Sécurité publique (MSP).

Cette mesure exceptionnelle touchera de 300 à 500 détenus et sera appliquée jusqu’à nouvel ordre. Les contrevenants devront cependant respecter une série de conditions, entre autres demeurer à leur domicile en tout temps.

Jeudi, Le Devoir révélait que les détenus qui purgent des peines de « fin de semaine » allaient continuer à être hébergés en groupe dans les établissements de détention, malgré la recommandation de Québec d’éviter de se tenir à moins d’un mètre les uns des autres.

« Afin de protéger la santé des personnes incarcérées et des membres du personnel des établissements de détention pendant l’état d’urgence sanitaire, le gouvernement du Québec suspend l’exécution des peines discontinues », a indiqué le ministère vendredi en début de soirée.

Le MSP a tenu à rassurer la population sur le risque que représentent ces contrevenants, en rappelant qu’ils sont déjà en liberté la majeure partie de la semaine.

« Les peines discontinues sont accordées à des personnes qui représentent un faible risque pour la société. Ainsi, cette mesure ne compromet pas la sécurité du public », mentionne-t-il.

Lors des deux dernières fins de semaine, les établissements de détention avaient accueilli respectivement 520 et 359 détenus.

En date de vendredi, aucun cas de COVID-19 n’a été confirmé dans les établissements de détention indique le ministère. Au moins 18 détenus ont toutefois été placés en isolement puisqu’ils présentaient des symptômes liés au virus.

Pour éviter le pire dans le contexte actuel de pandémie, la Ligue des droits et libertés (LDL) a proposé dans les derniers jours d’envisager de réduire la population carcérale.

L’organisme demande à Québec de libérer certains types de contrevenants pour limiter la propagation du virus, dont les contrevenants de plus de 60 ans, les détenues enceintes, les contrevenants malades ainsi que ceux dont la libération est prévue en 2020 et 2021.

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