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Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
L’ACEECF veut soutenir la création et l’accompagnement de clubs entrepreneurs étudiants à la grandeur du pays.
Photo: ACEECF L’ACEECF veut soutenir la création et l’accompagnement de clubs entrepreneurs étudiants à la grandeur du pays.

Ce texte fait partie du cahier spécial Francophonie

Pour les étudiants qui fréquentent les universités hors Québec, se lancer dans l’entrepreneuriat francophone peut parfois ressembler au parcours du combattant. Pourtant, depuis quelques années déjà, l’Association des clubs entrepreneurs étudiants du Canada francophone (ACEECF) accompagne les jeunes et valorise le fait français… d’un océan à l’autre.

« Tout le monde fait des affaires en anglais à l’extérieur du Québec. Nous, on voulait dire aux francophones qu’on peut faire des affaires en français. Et même en faire un atout et le valoriser », lance Hazouz Bezaz, directeur général de l’ACEECF.

Basée à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, l’Association a été créée en 2012. Toutefois, lorsque Hazouz Bezaz en prend la direction en 2017, les activités étaient au point mort : « J’ai fait un état des lieux en tant que coordonnateur et j’ai remis sur pied l’ACEECF, et on s’est empressé de restructurer le réseau », explique le directeur.

Parce que le réseau est le moteur. C’est à cette époque qu’une collaboration étroite se tisse avec d’autres acteurs importants, dont l’Agence universitaire francophone (AUF). Considérant ce projet comme tout à fait pertinent, l’Agence n’hésite pas à y investir 114 000 € (175 000 $) sur la période 2018-2020. Mais au-delà de sa participation financière, c’est toute la force de son vaste réseau que l’AUF met à la disposition de l’ACEECF. La Banque Nationale et l’Association des clubs entrepreneurs étudiants du Québec (ACEE), établis depuis plus de 25 ans, n’hésitent pas eux aussi à prêter main-forte.

Créer une synergie

Dès le départ, l’Association s’est donné un mandat clair : encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes francophones hors Québec en soutenant la création et l’accompagnement de clubs entrepreneurs étudiants à la grandeur du pays. L’ACEECF souhaite créer une zone d’échange de savoir entre le milieu économique et universitaire afin de partager l’expertise et les outils francophones en soutien à l’entrepreneuriat. Pour y parvenir, travailler main dans la main avec l’ACEE du Québec semblait tout à fait naturel. C’est en créant cette synergie entre les étudiants, bien sûr, mais aussi les professeurs, les chefs d’entreprise et les acteurs du développement économique qu’on passe au niveau supérieur. « À partir du moment où le club est capable de naviguer, les étudiants ont accès à des cas réels d’entreprises, alors que les acteurs de développement économique ouvrent des possibilités à ces mêmes entreprises pendant que les professeurs accompagnent adéquatement les étudiants sur ces projets qui ont des chances d’aboutir », poursuit le directeur.

Depuis 2017, l’Association compte une dizaine de clubs au Canada, hors Québec. Ils sont répartis sur le territoire du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario, mais aussi du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta ainsi qu’en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. L’engouementest tellement grand que d’autres clubs verront bientôt le jour ailleurs au Canada.

Rencontres et conférences

Chaque année, l’ACEECF organise un concours-colloque national qui a lieu chaque fois dans une province différente. Ce grand rendez-vous s’articule autour de l’entrepreneuriat étudiant francophone, et réunit des clubs d’entrepreneurs étudiants du réseau de l’ACEECF et de l’ACEE Québec et des gens d’affaires. Ce sont trois jours de rencontres et de conférences qui se termineront cette année par la finale d’un concours pancanadien qui verra ses gagnants se rendre à Limoges, en France, présenter leur projet. Les finalistes se présenteront devant un jury composé des membres de la communauté d’affaires. Tout au long de ces trois jours, la visite d’entreprises innovantes locales est au programme.

Pour cette grande rencontre cette année, Hazouz Bezaz a convaincu Juliette Brun, la fameuse Juliette de Juliette & Chocolat, de participer à l’événement. Les amoureux du chocolat connaissent tous ce paradis où les brownies côtoient les fondues, lescrêpes et autres desserts décadents. Mme Brun, qui, en 2018, étendait son modèle d’affaires aux franchises, prononcera une conférence dans le cadre de l’événement. Mais sa participation ne s’arrêtera peut-être pas là puisque la femme d’affaires poursuivra certainement les discussions avec les étudiants entrepreneurs pour voir avec eux la possibilité de faire grandir son entreprise à l’extérieur du Québec. À suivre...